Six Nations: les Bleus perdent leur rêve de Grand Chelem

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FRANCE ET IRLANDE SE NEUTRALISENT
FRANCE ET IRLANDE SE NEUTRALISENT

par Mathieu Baratas

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Plombé par une première période catastrophique, le XV de France a mis un terme à sa quête d'un Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations après un match nul 17-17 concédé face à l'Irlande, dimanche au Stade de France.

Ce troisième match du Tournoi 2012 pour les Français aurait dû se jouer entre la victoire inaugurale contre l'Italie (30-12) et le succès en Ecosse (23-17) mais avait été reporté pour cause de terrain gelé le 11 février.

Les Bleus ont d'abord subi en première période (17-6 pour l'Irlande) avant de refaire leur retard en moins de vingt minutes en deuxième mi-temps.

Malgré un bilan positif de 11 victoires lors des 12 dernières rencontres - pour une défaite en 2006 à Dublin - et une dernière défaite à Saint-Denis datant de 2000 (27-25), les Bleus craignaient à juste titre la "puissance" et la "virulence" du quinze irlandais sur les rucks.

Un pack puissant, une mêlée dominatrice, une touche parfaite, une défense hermétique et une discipline exceptionnelle - les Français n'ont concédé que quatre pénalités sur l'ensemble de la rencontre - n'ont pas suffi à la France pour l'emporter.

Elle a marqué par un essai de Wesley Fofana et quatre pénalités de Morgan Parra.

Les Irlandais ont inscrit tous leurs points en première période par deux essais de Tommy Bowe et deux transformations de Jonathan Sexton, également auteur d'une pénalité.

Sur une pelouse du Stade de France idéale pour la pratique du rugby, les Bleus ont de nouveau raté l'entame, et même toute la première période, comme lors des deux premières sorties, alors qu'ils avaient répété toute la semaine l'importance de bien débuter.

Après dix minutes équilibrées, le centre Aurélien Rougerie, lancé dans une attaque en première main prévisible, a offert le ballon à l'ailier Bowe qui a couru une vingtaine de mètres à petite foulée pour inscrire le premier essai irlandais à la 14e minute.

Trop molles et sans tranchant, les différentes offensives françaises ont fini dans un premier temps soit sur un coup de pied, soit sur l'excellente défense irlandaise avant une première longue séquence intéressante ponctuée par une pénalité de Parra (24e).

Jusque-là concentrée sur leur défense, les Irlandais ont profité d'un mauvais jeu au pied de Parra pour s'installer dans le camp français, enchaîné un jeu à une passe et hérité d'une pénalité suite à une faute bleue sur un ruck, réussie par Sexton (29e).

REMONTÉE FANTASTIQUE MAIS INSUFFISANTE

Si les lancements ont vu des déchets dans l'exécution et se sont empêtrés dans la nasse verte, la conquête française a pris le meilleur en mêlée qui a imposé sa puissance pour offrir une pénalité de 45 mètres convertie par Parra (32e)

Les Bleus ont multiplié les temps de jeu sans succès avant de perdre un nouveau ballon sur un ruck par Fofana, suffisant pour être cueillis à froid par un contre irlandais de Bowe, décalé sur son aile et auteur d'une course de 60 mètres et d'un coup de pied par-dessus Poitrenaud pour son deuxième essai de la journée (39e).

Menés 17-6 à la pause, les Français, revenus plus tôt sur la pelouse sous une pluie battante, ont lancé la révolte grâce à un jeu plus direct, plus en rapport avec leurs forces du jour, pour réduire la marque grâce à une pénalité de Parra consécutive à un hors-jeu irlandais (46e).

Après une relance de Clément Poitrenaud, ils sont parvenus à déstabiliser la défense irlandaise sur un ballon cafouillé par Parra mais repris acrobatiquement par François Trinh-Duc pour servir Fofana, qui a sprinté jusqu'à la ligne d'essai (51e).

Le coaching programmé de Philippe Saint-André avec les entrées de William Servat et Vincent Debaty, puis celle de Lionel Nallet, a apporté un surplus de puissance au moment où les Français ont pris le dessus dans la bataille des rucks.

Un long raid tricolore terminé par une énième faute irlandaise et une quatrième pénalité de Parra a permis au XV de France de refaire son retard.

Les Irlandais ont stoppé l'hémorragie par une série de charges et de courses pendant cinq minutes dans les 22 mètres français, sans pour autant marquer en raison d'un mur bleu efficace.

L'entrée en jeu de l'ouvreur Lionel Beauxis a donné plus de profondeur et de longueur au jeu au pied, jusque-là irrégulier, pour réinvestir le camp irlandais.

Sous les "Allez les Bleus" du public, les vice-champions du monde ont remis la main sur le ballon et ont chargé dans l'axe pour mettre l'ouvreur toulousain en position de drop-goal mais celui-ci a manqué deux tentatives à 40 mètres des poteaux à quelques minutes d'intervalle.

La dernière chevauchée de Julien Malzieu sur son aile gauche s'est finie en touche, laissant le score à 17-17 et des regrets aux Français, qui n'avait plus fait match nul dans le Tournoi depuis 1985, déjà face à l'Irlande (15-15 à Dublin).

Mathieu Baratas, édité par Guy Kerivel

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