Six Nations: les Anglais, "meilleurs ennemis" des Français

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FRANCE-ANGLETERRE, UN CHOC ENTRE DEUX CULTURES DE JEU
FRANCE-ANGLETERRE, UN CHOC ENTRE DEUX CULTURES DE JEU

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - "Crunch", "spécial", "à part", "âpre": le France-Angleterre de dimanche dans le cadre du Tournoi des Six Nations conserve une place singulière dans l'imaginaire des joueurs de l'équipe de France.

"C'est un adversaire qu'on n'aime pas trop et je crois que c'est réciproque", soulignait le deuxième ligne Pascal Papé en préambule de la semaine de préparation.

Années après années, les deux équipes ont cultivé une inimitié sportive depuis que les Anglais ont invité les Français à Twickenham pour la première fois, en 1911, et leur ont infligé une lourde défaite 37-0.

Même si l'Irlande et le Pays de Galles sont revenus au premier plan, le "crunch", appelé ainsi par la presse britannique, se traduit toujours par ce moment crucial pour le leadership européen.

Rencontrer le XV de la Rose dans le Tournoi est d'une autre saveur que les affrontements en Coupe du monde, comme la victoire (19-12) en quart de finale en Nouvelle- Zélande en octobre dernier.

"Je dois avouer que les médias ne sont pas étrangers à tout cela. Ils affectionnent cette rencontre. Pour nous aussi, cela reste le 'crunch'. C'est toujours un challenge. C'est un peu nos meilleurs ennemis", reconnaît le centre Aurélien Rougerie.

Malgré la professionnalisation et la mondialisation du rugby, cette affiche demeure un choc entre deux cultures de jeu et deux mentalités. Côté anglais, la rigueur tactique et l'engagement physique; côté français, la fantaisie et le goût du combat.

"Contre nous, ils ne savent pas trop ce qu'il va se passer. Ils sont pas mal admiratifs. Pour eux, le 'french flair' existe, moins pour nous. Ils savent très bien qu'à la moindre occasion qu'ils nous laisseront, ils se retrouveront derrière l'en-but. Ils l'on en tête", explique le demi de mêlée Julien Dupuy qui a joué un an à Leicester en 2009.

"RIEN DE SPÉCIAL"

Après des luttes homériques contre la génération dorée du rugby anglais symbolisée par Jonny Wilkinson, retiré depuis quelques mois de l'équipe nationale - "une pression en moins" selon Clément Poitrenaud -, les plus jeunes Bleus ressentent moins "d'animosité" face à la nouvelle génération anglaise.

"Ils ne m'ont rien fait de spécial", s'excuse le jeune centre Wesley Fofana qui dispute son premier France-Angleterre.

"Le 'crunch', je m'en fous complètement. C'est un match comme les autres. Je n'ai pas de contentieux avec les Anglais ", abonde son coéquipier clermontois Julien Malzieu.

"Oui, c'est ce qu'on se disait entre nous même si je ne pense pas que France-Angleterre soit devenu un match de seconde zone", corrige Clément Poitrenaud.

De là à dire que ce "crunch" a moins d'importance, il n'y a qu'un pas que les plus anciens n'osent pas faire en souvenir des joutes passées.

"Cela s'aseptise parce qu'il n'y a plus de grands coups de pompes ou de poings dans la gueule. Aujourd'hui, on essaye de faire mal dans la règle", sourit Aurélien Rougerie.

"C'est toujours plaisant et plus sympa de battre les Anglais dans le Tournoi. Je suis un peu à l'ancienne. Je ne suis pas un garçon rancunier mais il y a toujours un plaisir de les malmener et de les battre", ajoute-t-il.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Henri-Pierre André

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