Six Nations: le XV de France dans l'incertitude avant le "crunch"

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LE XV DE FRANCE DANS L'INCERTITUDE AVANT D'AFFRONTER L'ANGLETERRE
LE XV DE FRANCE DANS L'INCERTITUDE AVANT D'AFFRONTER L'ANGLETERRE

par Jean-Paul Couret

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Une charnière en question, quelques remaniements évidents: même si le caractère de Philippe Saint-André ne le laisse pas présager, le XV de France, en pleine incertitude, pourrait se trouver chamboulé pour affronter l'Angleterre dans le "crunch" du Tournoi des six nations.

Après les cinq changements effectués dans le groupe des 23 à la suite des défaites contre l'Italie et le Pays de Galles, trois changements parmi les quinze joueurs qui seront titulaires à Twickenham samedi semblent de pure logique.

Quatre autres pourraient encore plus modifier le visage de l'équipe.

Deux concerneront le pack, où le rappelé Thomas Domingo devrait reprendre le poste de pilier gauche à Yannick Forestier, renvoyé dans son club, et Yannick Nyanga celui de troisième ligne aile à Fulgence Ouedraogo, blessé à l'épaule.

Il n'est pas besoin d'être grand clerc non plus pour prévoir qu'un autre Clerc prénommé Vincent, revenu de blessure, reprendra son aile.

Le retour du deuxième meilleur marqueur d'essais de l'histoire du XV de France devrait entraîner le passage au centre de Wesley Fofana, exilé à l'aile par le sélectionneur et qui réclame à cors et à cris de retrouver son vrai poste.

Le joueur de Clermont a relancé sa campagne dès son arrivée à Orly pour le rassemblement de la sélection, samedi dernier, après avoir analysé le groupe des 23 qui compte un ailier de plus et un centre en moins.

"On ne m'a rien dit mais forcément je commence à me préparer dans la tête comme si j'allais jouer au centre", a-t-il dit.

L'affaire n'est peut-être pas aussi simple. Après l'éviction de Maxime Mermoz, Philippe Saint-André devra choisir ses deux titulaires au centre parmi trois joueurs classés comme deuxième centre et donc plus finisseurs que passeurs et constructeurs, Fofana, Mathieu Bastareaud et Florian Fritz.

Si l'on part du principe que Bastareaud est le favori du moment pour affronter la puissance des Anglais, Fofana pourrait ainsi se retrouver confronté à Fritz, plus complet que lui.

Quelle que soit la décision, il y aura un changement de plus puisque Fritz était sur le banc contre Galles et Fofana ailier.

SEPT CHANGEMENTS ?

Y en aura-t-il deux autres à la charnière ? La question se pose depuis le début de la semaine à Marcoussis et c'est là que François Trinh-Duc, remplaçant lors des deux premiers matches, et Maxime Machenaud, titulaire à chaque fois, entrent en jeu.

Le premier ne craint pas de faire valoir son ambition de détrôner Frédéric Michalak et de retrouver le poste d'ouvreur qu'il a tenu pendant l'ère Lièvremont jusqu'à la Coupe du monde et dans les premiers matches de l'ère Saint-André.

"Le n°10, j'y pense depuis le début. J'ai envie d'être titulaire dans cette équipe. Pour l'instant, ça serait plutôt des remplacements mais je serai prêt quoi qu'il arrive", dit-il.

Une chose est sûre, la titularisation de Trinh-Duc aux dépens de Michalak, buteur attitré de l'équipe, entraînerait automatiquement celle de Morgan Parra, seul autre spécialiste des tirs au but, comme demi de mêlée et l'éviction de Machenaud.

Le changement de demi de mêlée pourrait d'ailleurs intervenir même si Michalak reste en place et Machenaud semble avoir intégré cette hypothèse en jouant les bons élèves.

"Je ne suis pas obnubilé par cette place de titulaire ou de remplaçant. Je suis dans l'optique d'essayer de tout donner pour le groupe que je sois remplaçant ou titulaire", dit-il.

Si le pilier Nicolas Mas, les deuxièmes lignes Yoann Maestri et Jocelino Suta et les troisièmes lignes Thierry Dusautoir et Louis Picamoles semblent certains de garder leur place, un dernier changement est possible en première ligne.

Il concerne le talonneur Dimitri Szarzewski moins flamboyant qu'en novembre et tombé sous la menace de Benjamin Kayser.

Malgré son statut de joueur le plus capé du groupe avec 68 sélections, Szarzewski était loin de plastronner mercredi. "On attend et on verra bien. Ce n'est pas nous qui faisons l'équipe, c'est le sélectionneur", a-t-il dit.

"Il y a eu deux défaites, il y a déjà eu des changements dans le groupe, il peut y avoir des changements dans l'équipe. C'est la loi du sport."

Edité par Julien Prétot

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