Six Nations: la nouvelle chance anglaise de Julien Dupuy

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LE FRANÇAIS JULIEN DUPUY VA MONTRER SES TALENTS FACE À L'ANGLETERRE
LE FRANÇAIS JULIEN DUPUY VA MONTRER SES TALENTS FACE À L'ANGLETERRE

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Yvelines (Reuters) - Convaincant lors de ses premiers pas en Bleu, le demi de mêlée Julien Dupuy hérite d'une nouvelle chance de montrer ses talents face à l'Angleterre, le pays où il s'est révélé au plus haut niveau, à l'occasion du Tournoi des Six Nations.

"Cela me fait énormément plaisir de démarrer ce match, qui plus est contre les Anglais. J'attendais avec impatience. Je vais avoir la pression. Forcément, cela va peser lourd mais je suis d'une nature pas trop stressée", a dit Julien Dupuy en conférence de presse mercredi.

Agé de 28 ans, le demi de mêlée international - sept capes dont six d'affilée entre juin et novembre 2009 - n'a plus été titulaire depuis la défaite face à la Nouvelle-Zélande (12-39) le 28 novembre 2009 à Marseille.

"Cela me parait loin. Il m'est arrivé quelques péripéties. J'ai mûri, il s'est passé trois ans où je n'ai pas connu l'équipe de France. Ce n'est pas du temps perdu, ça a toujours été un objectif malgré les saisons compliquées avec le Stade Français", a dit Dupuy.

Dès sa première sélection, il conduit les Bleus à la victoire sur le sol néo-zélandais en juin 2009 (22-27) et face à l'Afrique du Sud à Toulouse (20-13).

La carrière internationale du Parisien a connu un trou noir de deux ans après une suspension de vingt-trois semaines pour une fourchette sur le troisième ligne irlandais Stephen Ferris lors d'un match de Coupe d'Europe avec le Stade Français en Ulster le 12 décembre 2009.

"Je n'y pense plus du tout", s'est agacé Julien Dupuy. "C'est passé. J'ai fait un geste que je n'aurai pas dû faire et j'ai été trop sanctionné pour. Point barre. J'essaie de prendre un maximum de plaisir et de profiter. Avec ce qui m'est arrivé, j'ai plus de recul car une carrière est courte."

PAS "UN BRANLEUR"

Ce neuf atypique qui aime porter la balle et naviguer dans les défenses, loin du profil du simple éjecteur de balle, et qui est aussi un excellent buteur, cultive un profil complémentaire de ses concurrents Morgan Parra et de Dimitri Yachvili.

Cet accélérateur de jeu plait d'ailleurs beaucoup à Saint-André car il apporte de la vitesse et du liant au jeu, là où ses concurrents ont tendance à le ralentir.

Confiné à un rôle de doublure de Yachvili à Biarritz entre 2002 et 2008 sous les ordres de Patrice Lagisquet, aujourd'hui entraîneur des arrières du XV de France, le joueur s'est révélé lors de son année à Leicester en 2008.

Parti pour "apprendre l'anglais" et " changer du train-train habituel", il pousse sur le banc Harry Ellis, numéro neuf de l'équipe d'Angleterre, et son "petit frère" Ben Youngs, qui figure dans le squad anglais de dimanche, pour remporter le championnat d'Angleterre et disputer une finale de Coupe d'Europe perdue contre Leinster.

"Je connais pas mal les Anglais, ça me fait plaisir de jouer contre eux", se réjouit-il en pensant aux retrouvailles. "Ce sera un plaisir de voir les joueurs de Leicester après notre victoire".

Depuis deux ans, le joueur a cravaché dur pour redorer une image ternie par sa suspension et une réputation de dilettante nourrie par son aversion pour la préparation physique.

"Quand on dit que je suis un branleur, que je me fous un peu de tout, ce n'est pas vrai", dit-il. "Ça m'avait vexé à l'époque. Si c'est l'image que je donne, c'est dommage parce que je ne suis pas comme ça."

Edité par Pascal Liétout

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