Six Nations: la métamorphose de Fofana en "Wesley Snipes"

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WESLEY FOFANA A LE PHYSIQUE DE L'EMPLOI
WESLEY FOFANA A LE PHYSIQUE DE L'EMPLOI

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Auteur de deux essais en deux sélections, le jeune centre du XV de France Wesley Fofana tire les bénéfices d'une transformation physique opérée en dix-huit mois, qui lui a valu le surnom de l'acteur américain "Wesley Snipes".

"Il a fait des efforts physiques pour s'adapter. Il y a quatre ans, il n'était pas le joueur qu'il est. Il est arrivé grassouillet. Aujourd'hui, c'est Wesley Snipes. Il a eu une transformation physique impressionnante", a dit Aurélien Rougerie à propos de son coéquipier à Clermont.

"Quand il est arrivé, je ne l'aurais pas vu en équipe première, encore moins en équipe de France. Comme quoi, tout peut arriver."

Les photos de l'"avant" et l'"après" de cette transformation physique ornent la salle de musculation de Clermont. A force de travail, le corps du joueur est passé de 102 kg (et 1,78m) pour 21% de masse graisseuse à 94 kg pour 8 % de masse graisseuse.

"C'est un joueur qui a énormément évolué physiquement depuis son passage au pôle France (...) Il arrive à maturité et réussit à répéter des efforts intenses et explosifs sur un match", explique le préparateur physique du XV de France, Julien Deloire.

Le Clermontois s'est construit un physique taillé pour le haut niveau : endurant, rapide, tonique et explosif.

"Et il peut l'être encore plus. Il est en plein dedans mais il a aussi compris qu'il n'était pas arrivé", précise Julien Deloire.

"ON N'EST PAS SOUS CONTRAT"

Son activité sur le terrain lors des victoires face à l'Italie (30-12) et l'Ecosse (23-17), ponctuée par un essai à chaque fois, a fini par convaincre le sélectionneur Philippe Saint-André.

"En deux sélections, Fofana montre qu'il a toutes les attitudes d'un centre de haut niveau. Il a une grosse caisse et il est dangereux sur ses ballons. C'est un potentiel énorme", a analysé le manager des Bleus au lendemain du succès à Murrayfield.

Ce sportif touche-à-tout - foot, basket et rugby - ne s'arrête jamais jusqu'à épuiser même son chien, un boxer, lors de courses endiablées. Sur le terrain, c'est la même chose: il a un jeu "fou-fou".

"J'aime beaucoup les intervalles. Si je vois un trou, je vais foncer dedans. Il faut que j'arrive à canaliser mon jeu pour pouvoir faire une passe qui ouvre une brèche", a expliqué Wesley Fofana.

"J'aime bien jouer avec François (Trinh-Duc) car il attaque beaucoup la ligne. (...) J'ai l'habitude d'être près de l'ouvreur. Au début, cela l'a surpris car il n'était pas forcément prêt. C'est vite rentré dans l'ordre en parlant."

Ses coéquipiers en club sont parfois obligés de freiner ses ardeurs offensives car "quand il part, il faut arriver à le suivre", dixit Aurélien Rougerie.

Révélation de l'équipe de France, le joueur de 24 ans a réussi à se faire une place parmi les vice-champions du monde en se calquant sur leurs pas, tant dans l'état d'esprit que dans la rigueur.

"On est sans arrêt en examen en équipe de France. On n'est pas sous contrat. Si on est bon, on va continuer. Si on ne l'est pas, quelqu'un d'autre viendra", a compris Wesley Fofana.

Edité par Olivier Guillemain

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