Six Nations: la "journée spéciale" des 3e lignes du XV de France

le
0

par Jean-Paul Couret

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Les troisièmes lignes du XV de France ont vécu mercredi une "journée spéciale" jusqu'à l'annonce du départ de Marcoussis de Yannick Nyanga, a raconté jeudi Damien Chouly dans un rare témoignage sur la vie du vestiaire d'une équipe nationale.

"Pour nous, l'attente a été un peu plus longue", a dit le n°8 de Clermont qui était au centre du suspense avec ses quatre "confrères" de troisième ligne - Thierry Dusautoir, Fulgence Ouedraogo, Louis Picamoles et Yannick Nyanga.

Les 19 autres joueurs de l'officielle et libératrice liste des 23 avaient été désignés lundi soir.

"Après, ça c'est passé assez vite parce qu'en fait Philippe Saint-André nous a annoncé ça à la fin de l'entraînement", a-t-il ajouté.

"On était encore sur le terrain. Il nous a annoncé la nouvelle, après tout s'est passé très vite. On est rentré, on s'est douché et puis voilà".

L'histoire raconte la cruauté des centres de sélection où le secret est d'or, même pour la centaine de spectateurs et la dizaine de journalistes qui assistaient à ce fameux entraînement, mercredi soir.

Le but de l'exercice était de permettre au manager-sélectionneur Philippe Saint-André de choisir l'homme qui allait sortir d'un groupe de 24 avant le premier match du Tournoi des six nations contre l'Italie, dimanche, à Rome.

Après, devaient venir une discussion entre Philippe Saint-André et ses adjoints Yannick Bru et Patrice Lagisquet puis une réunion avec les joueurs puis la communication du verdict.

Trois des cinq troisièmes lignes semblaient particulièrement "en ballottage", selon l'expression de Thierry Dusautoir : Dusautoir lui-même, Fulgence Ouedraogo et Louis Picamoles.

"APRÈS..."

Le premier était menacé par son manque de compétition après une grave blessure à un genou qui lui avait déjà fait perdre son titre de capitaine. Le deuxième souffrait d'une cheville, le troisième avait deux blessures à la cuisse droite, une béquille et une infection cutanée.

Les doutes sur leur état de forme avaient conduit Philippe Saint-André à se donner deux jours de plus de réflexion et à ajouter un 24e homme à sa sélection. Il restait à les mettre à l'épreuve avant de choisir.

Tel était en tout cas la version officielle du scénario du feuilleton.

Damien Chouly explique cependant qu'il en allait plutôt différemment pour les joueurs.

"Tous les troisièmes lignes, on était un peu dans l'attente. Il y avait deux incertitudes mais après... Qui allait rester ? Qui allait être valide ? Qui allait être 24e homme ? c'était la question en suspens", dit-il.

"N'importe qui de nous cinq pouvait partir hier."

En fin de compte, c'est Yannick Nyanga qui a été renvoyé chez lui avec ses 29 ans et ses 28 sélections, lui qui avait fait son retour dans le XV de France pour la première fois depuis la Coupe du monde 2007 en novembre et avait célébré l'événement par trois titularisations, pour trois victoires et trois belles performances individuelles.

Le verdict rendu, il a disparu des radars. Philippe Saint-André a annoncé la nouvelle au monde extérieur par un communiqué où il parlait de "crève-coeur" et rendait hommage au joueur débarqué.

Quant aux autres joueurs, Damien Chouly résume ainsi leur état d'esprit.

"Ça a été une journée spéciale parce qu'on savait tous qu'il y en avait un qui allait s'en aller au niveau des troisièmes lignes. Après... La décision a été prise et maintenant, ceux qui sont encore là, à nous d'en profiter et à nous de montrer notre valeur. Surtout."

Edité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant