Six Nations: la France entre soulagement et douleur

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DERNIÈRE CHANCE POUR LE XV DE FRANCE
DERNIÈRE CHANCE POUR LE XV DE FRANCE

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - Finir le Tournoi des Six Nations sur le ouf de soulagement d'une victoire ou sur la douleur d'un nouvel échec: telle est l'alternative qui s'offre au XV de France à l'occasion de son match contre l'Ecosse samedi.

Qu'ils gagnent et les joueurs, entraîneurs et sélectionneur pourront tenter de faire passer par pertes et profits les trois défaites contre l'Italie, le Pays de Galles et l'Angleterre et le match nul en Irlande. Au moins pour le temps des promesses de travail acharné et de reconquête.

Qu'ils perdent et ils seront sur une série de huit matches sans victoire dans le Tournoi, du jamais vu depuis 1927.

Ce serait aussi le premier Tournoi sans victoire et la première dernière place depuis 1999, dernière année de compétition à cinq avant l'arrivée de l'Italie.

Qu'ils gagnent ou qu'ils perdent, les joueurs se sépareront pour regagner leur club, le Top 14 et, pour certains, la Coupe d'Europe.

Pour l'équipe nationale, la période ne sera guère favorable à un rétablissement avec une débandade jusqu'à la tournée de juin, dont l'adversaire ne sera nul autre que la Nouvelle-Zélande, championne du monde, pour trois test-matches à faire frémir les plus confiants.

Le risque sera grand de quitter les rives du Pacifique sur une série de huit matches sans victoire toutes compétitions confondues et dans les deux hémisphères.

La chance de rachat attendrait alors novembre et une nouvelle confrontation avec les All Blacks puis un test contre les Springboks.

Comment ne pas comprendre donc que, comme avant le match du week-end dernier en Irlande qui a permis d'éviter la cuillère de bois sur un match nul, le sélectionneur Philippe Saint-André déclare qu'il "n'imagine pas une défaite".

Les paroles des joueurs sont allées dans le même sens au Centre national du rugby, ralenti en début de semaine par le froid et la neige.

"SORTIR DE LA GALÈRE"

"Cuillère de bois ou pas cuillère de bois, il y a toujours cette place de dernier. Il faut l'emporter", a dit Florian Fritz, sans pousser le calcul jusqu'à la possibilité d'une dernière place même en cas de victoire si l'Italie bat l'Irlande.

"Il faut gagner absolument pour sauver le tournoi. Perdre, ce n'est même pas la peine d'y penser", a affirmé le pilier Thomas Domingo.

"On vit nos derniers jours ensemble. Il nous faut une victoire déjà, une belle victoire ensuite parce qu'on n'a pas envie de finir dernier", a noté l'ailier Vincent Clerc.

"Il faut se sortir de cette galère dans laquelle on s'est mis tout seul", a demandé le demi de mêlée Morgan Parra.

Comme souvent, le groupe enfermé dans son pénitencier doré de Marcoussis-Marcatraz s'est trouvé un catalyseur.

Le rôle est parfois dévolu à la presse et à ses critiques, mais cette fois, c'est autour de Frédéric Michalak que s'organise la résistance.

L'ouvreur, critiqué par l'ennemi historique anglais et en particulier, Clive Woodward, bourreau en chef de la Coupe du monde 2003, a soudé les troupes.

Tous se sont donc mobilisés pour défendre leur ouvreur de 30 ans, dont l'avenir pourrait être remis en cause à la suite d'une nouvelle défaite et dans une "logique de construction" pour une Coupe du monde qui n'aura lieu qu'en 2015.

Ce serait sans doute aussi le cas d'autres trentenaires dont Vincent Clerc (31 ans), Thierry Dusautoir (31), Pascal Papé (32), Nicolas Mas (32) ou Vincent Debaty (31).

Discuté aussi serait immanquablement le sélectionneur qui, faute de victoires, professe qu'il assumera ses responsabilités et le rôle de bouc-émissaire mais affirme: "Je suis là jusqu'en 2015".

Un nouveau massacre de cette équipe de France qui avait tant séduit en novembre n'est pas inimaginable mais il serait sans doute trop triste pour être honnête.

Pour se sauver, elle aura pour atout l'éternelle capacité du rugby français à inverser les pires tendances.

Elle pourra aussi compter sur son adversaire de samedi, l'Ecosse, qui rejoue souvent la bataille de Culloden (1746) sur les terrains du Tournoi et la reperd presque toujours, avec honneurs et louanges, certes, mais la reperd.

Edité par Julien Prétot

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