Six Nations: l'Irlande et Brian O'Driscoll à l'honneur à Paris

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O'DRISCOLL FAIT SES ADIEUX SUR UNE VICTOIRE DU XV IRLANDAIS
O'DRISCOLL FAIT SES ADIEUX SUR UNE VICTOIRE DU XV IRLANDAIS

par Jean-Paul Couret

SAINT-DENIS (Reuters) - Le XV d'Irlande a offert samedi à Brian O'Driscoll un cadeau d'adieux internationaux riche en intensité et en suspense sous forme d'un second titre dans le Tournoi des Six Nations grâce à une victoire 22-20 sur la France.

Dans le même Stade de France qui avait vu naître sa carrière à 20 ans le 19 mars 2000 avec un célèbre triplé d'essais, la fête aurait pu être encore plus belle pour le centre qui a accumulé en 14 ans 132 sélections dont 83 comme capitaine.

Il aurait suffi pour cela que l'ailier Andrew Trimble ouvre le chemin d'un dernier essai international à BOD comme l'appellent ses adorateurs dans un parallèle avec le "God" de la devise américaine "In God We Trust" adaptée en "In BOD We Trust".

O'Driscoll a eu au moins la satisfaction de recevoir à plusieurs reprises des acclamations comme le public du Stade de France en a rarement accordées à des joueurs étrangers et d'être nommé "homme du match" une dernière fois.

L'Irlande a ainsi accaparé les honneurs de ce final du Tournoi 2014 où aucune équipe ne pouvait prétendre réussir un Grand Chelem mais trois pouvaient encore décrocher le titre.

L'Irlande n'avait besoin que d'une victoire simple à Paris en raison de son énorme avantage sur l'Angleterre à la différence de points.

Un sacre de la France était une chimère. La victoire 52-11 de l'Angleterre sur l'Italie à Rome en début d'après-midi lui imposait de remonter une différence de 71 points pour la supplanter.

Les Anglais étaient ainsi devenus les meilleurs supporters des Bleus dont une victoire ruinerait les espoirs de l'Irlande.

Nombreux étaient ceux qui considéraient cependant que ce XV d'Irlande était la meilleure équipe du Tournoi et bien rares étaient ceux qui croyaient à un sursaut d'un XV de France bien pâle dans la défaite à Cardiff et dans la victoire à Edimbourg.

Dès le début de la rencontre, les Français ont cependant montré qu'ils n'avaient nullement l'intention de faire tapisserie au grand bal de BOD et allaient jouer avec audace.

PASSE EN AVANT

La première mi-temps a certes été saccadée entre périodes brillantes et fautes et pertes de balle mais les deux équipes ont rivalisé à plein dans une débauche de placages sécateurs, de déblayages de taureau et d'accélérations.

Elle s'est achevée sur le score de 13-12 en faveur de la France.

Un essai sur une passe au pied de Rémi Talès volleyée par Yoann Huget et reprise d'un plongeon au ras du drapeau de coin par Brice Dulin, une transformation du bord de la touche et deux pénalités de Maxime Machenaud avaient fait l'affaire.

Bien sûr, l'Irlande aurait pu tout aussi bien regagner les vestiaires en tête si Jonathan Sexton n'avait pas raté à la 41e minute une pénalité facile.

Les trois points se seraient ajoutés à l'essai transformé de l'ouvreur et à un autre essai de Trimble aux 21e et 25e minutes.

L'essentiel était que l'incertitude subsiste et que les deux équipes rentrent aux vestiaires l'honneur intact pour jouer une seconde mi-temps digne d'un jour décisif par une belle soirée de printemps où la pelouse était souple et le ballon sec et vif.

Il a suffi d'un ballon perdu par Mathieu Bastareaud pour que cette vivacité s'exprime six minutes après la reprise dans une contre-attaque irlandaise qui aurait pu faire date.

Trimble lancé dans les 22 mètres français s'est retrouvé en position de servir O'Driscoll dans un deux contre un d'école et de lui faire marquer l'essai qui aurait été le point d'orgue de ses adieux.

L'ailier a trop tardé. O'Driscoll a été repris. C'est Sexton qui a marqué l'essai et l'a transformé.

Pour faire bonne mesure, l'ouvreur et nouveau maestro des lignes arrières irlandaises a marqué une pénalité sept minutes plus tard et a porté le score à 22-13.

Les spectateurs irlandais ont entonné "Fields of Athenry", chant qui parle de la Grande famine du milieu du XIXe siècle et qui a été un des hymnes des républicains au XXe.

C'était un peu trop tôt car c'était ignorer que le XV de France est toujours capable de se révolter quand les tableaux d'affichage sont en sa défaveur.

Deux offensives de fer des avants et plusieurs minutes de pilonnage de la ligne irlandaise ont débouché sur un essai du talonneur Dimitri Szarzewski, certes entâché d'un en-avant mais transformé par Maxime Machenaud. La France était alors revenue à deux points de l'Irlande, 20-22.

Jean-Marc Doussain, remplaçant de Machenaud pourtant à 100% dans les coups de pied, a raté une pénalité des 30 mètres qui aurait pu être celle de la gagne.

Au terme d'une attaque au large, une passe en avant de Pascal Papé a fait annuler à la vidéo un essai en coin de Damien Chouly. Il restait deux minutes du match à jouer et les Français n'ont rien pu faire pour en changer la fin.

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