Six Nations: Christophe Samson, l'ascension discrète

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par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Parmi les nouveaux appelés en équipe de France pour affronter l'Angleterre à Twickenham dans le Tournoi des Six Nations samedi, Christophe Samson pourrait passer inaperçu.

Et pour cause: sa seule sélection remonte au 23 juin 2012, lors de la tournée d'été en Argentine, non diffusée en France, où le deuxième ligne de Castres a construit sa carrière loin des sentiers battus.

Rentré à la 47e minute pour remplacer Yoann Maestri, il n'avait pas vraiment eu le temps de faire ses preuves et espérait pouvoir confirmer lors de la tournée d'automne.

"Quand j'ai su que je n'étais pas pris pour les tests de novembre, j'étais déçu mais, en fait, ça m'a remotivé plus qu'autre chose", dit-il.

A 29 ans, le joueur a aussi eu du mal à s'imposer en club mais fort de cette difficile expérience, il ne désespère pas de se faire une place chez les Bleus.

"J'ai découvert que je faisais partie de la fameuse liste cachée de Marc Lièvremont le jour où la FFR m'a demandé de leur envoyer une copie de mon passeport au cas où", raconte-t-il.

Depuis, il n'a cessé d'y croire, bien aidé par les rencontres qu'il a pu faire au cours de sa carrière et une, en particulier : celle avec Philippe Saint-André.

"J'ai rencontré Philippe à Toulon en 2010 quand il était encore entraîneur du club, j'arrivais de Clermont, je voulais me relancer et il m'a fait jouer quasiment tous les week-ends", se souvient-il.

Conscient que la concurrence avec Jocelino Suta, Simon Shaw ou encore Bakkies Botha le priverait de temps de jeu au RCT, Christophe Samson s'est laissé tenter par le projet de Laurent Travers et Laurent Labit qui l'ont accueilli à Castres cette saison.

Son mètre 98 et ses 107 kilos sont plus qu'utilisés : avec 966 minutes de temps de jeu en Top 14, il n'est qu'à trois minutes de moins que Pascal Papé.

"UNE EXCEPTION"

Christophe Samson est une espèce en voie de disparition : il fait partie de ces joueurs qui ne sont pas passés par le Pôle France ou les centres de formation.

Il s'est fait tout seul.

"J'ai suivi mon instinct à chaque décision", dit-il.

A 18 ans, il jouait à Issoire en Fédérale 2 et suivait des études d'hôtellerie avant de se faire repérer par Clermont en 2004.

"Mon parcours est vraiment différent de ceux des autres, c'est un fait, mais j'en suis très fier et surtout, ça me prouve que j'ai bien fait d'y croire", se félicite Christophe Samson.

Après quelques saisons avec les Espoirs auvergnats, une pige d'un an à La Rochelle et un retour à l'ASM avec les pros cette fois, il constate que la place est prise en équipe première : Thibaut Privat, Julien Pierre, Jamie Cudmore ou encore Loïc Jacquet lui barrent la route.

Clermont, Toulon, Castres, Christophe Samson joue pour les gros clubs sans oublier d'où il vient.

"Je suis une exception et j'en suis plutôt fier, ça prouve que tout le monde peut y arriver" avoue-t-il en concédant un sourire timide.

Edité par Julien Prétot

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