Six morts dans une catastrophe ferroviaire dans l'Essonne

le
0

par Pauline Mevel

BRETIGNY-SUR-ORGE, Essonne (Reuters) - Six personnes ont été tuées et neuf autres grièvement blessées dans le déraillement d'un train Corail Intercités Paris-Limoges (Haute-Vienne) vendredi après-midi dans la gare à Brétigny-sur-Orge (Essonne), à une quarantaine de kilomètres au sud de Paris.

Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a évoqué une "catastrophe ferroviaire" au sens où l'entend la compagnie de chemin de fer et un plan Rouge a été déclenché avec le déploiement de convois de pompiers, d'ambulances et d'hélicoptères, qui ont pris en charge les victimes.

"Il y a 6 personnes décédées, 22 blessés graves, dont un (pour lequel) le pronostic vital est engagé et puis il y a des blessés plus légers", a déclaré François Hollande, qui s'est rendu sur place dans la soirée de vendredi.

L'ensemble des hôpitaux d'Ile-de-France ont été mis en alerte car, outre les blessés graves, 17 personnes ont été légèrement touchées et 192 commotionnées.

Le train Corail transportait environ 370 passagers et ne devait pas s'arrêter à Brétigny-sur-Orge, a indiqué la SNCF. Il a traversé la gare à une vitesse normale, selon des témoins.

"Pour moi, c'était une très grosse catastrophe ferroviaire", a déclaré à Reuters Clément, 17 ans, qui se trouvait dans le second wagon. "C'était un trajet tout à fait normal et après on a eu la sensation de rouler sur des graviers. Le wagon qui était devant moi a commencé à se renverser sur le côté."

Au passage de la gare, vers 17h14, quatre wagons ont déraillé pour une raison encore inconnue. L'un s'est couché sur la voie et les trois autres ont traversé le quai central et se sont enchevêtrés de l'autre côté.

TROP TÔT POUR CONNAÎTRE LES CAUSES

"La France est un pays qui est capable, quand il y a une catastrophe, de faire face", a déclaré François Hollande.

Le chef de l'Etat a assuré que toutes les enquêtes seraient conduites "pour qu'il n'y ait aucun doute sur ce qui s'est produit." "J'ai demandé moi-même que nous connaissions toutes les causes et qu'aucune ne soit écartée".

"Ce qui m'a été dit c'est qu'il y aurait eu un choc, reste à savoir la nature de ce choc", a-t-il ajouté. "C'est l'enquête qui le dira. Il n'y avait pas eu de travaux ces derniers jours, donc ce n'est pas un ouvrage qui aurait été abîmé au cours de ces travaux. Evitons toute polémique inutile."

Guillaume Pépy a précisé que trois enquêtes avaient commencé sous l'autorité de la justice. "Il n'est pas à l'heure actuelle possible de connaître les cause de cette catastrophe, c'est beaucoup trop tôt", a-t-il dit.

Pierre Serne, le vice-président de la région Ile-de-France chargé des transports, a mis en cause le manque d'investissements sur cette ligne très utilisée, qui dessert à la fois la grande banlieue de Paris et le centre de la France.

"On est en train d'essayer de faire remonter ce réseau qui a beaucoup souffert ces dernières décennies et sur lesquels, on l'a dit et répété, la maintenance du réseau a mal été faite ces dernières décennies", a-t-il dit sur BFM-TV.

"J'espère vraiment que ce n'est pas ça. On a besoin de le savoir et de faire le point avec la SNCF", a-t-il ajouté.

En raison de la catastrophe, la ligne C du RER a été suspendue, bloquant des centaines de milliers de personnes, a-t-il précisé sur BFM-TV.

Le trafic de la gare d'Austerlitz à Paris a été également interrompu.

Avec service France, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant