Six mois ferme requis pour le parachutiste tireur de Carcassonne

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LE PARQUET REQUIERT SIX MOIS FERME CONTRE LE MILITAIRE TIREUR À CARCASSONNE
LE PARQUET REQUIERT SIX MOIS FERME CONTRE LE MILITAIRE TIREUR À CARCASSONNE

TOULOUSE (Reuters) - Deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis, ont été requis jeudi contre le parachutiste qui avait blessé 16 civils en 2008 dans une caserne de Carcassonne (Aude) après une confusion entre balles "à blanc" et balles réelles, a-t-on appris auprès de ses avocats.

Devant le tribunal correctionnel de Montpellier, le parquet a requis des peines de prison avec sursis allant de deux mois à un an contre les cinq autres prévenus, tous militaires ou ex-militaires, dont l'ancien chef du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa).

Le 29 juin 2008, à l'occasion d'une journée "portes ouvertes", le sergent Nicolas Vizioz avait ouvert le feu en direction du public lors d'une démonstration, blessant 16 personnes dont cinq enfants.

"Vizioz a assumé depuis le début, n'a jamais cherché à diminuer sa responsabilité ou à pointer du doigt une autre responsabilité que la sienne", a réagi l'un de ses avocats, Me Jean-Robert Nguyen Phung.

"Au contraire, il veut être le seul à assumer tellement il culpabilise, non seulement pour les victimes mais aussi d'avoir entraîné ses frères d'armes et ses supérieurs dans ce qu'il a fait. La peine requise n'a pas d'importance et la peine prononcée n'en aura pas."

"PAS DES DÉLINQUANTS ORDINAIRES"

Pour son autre avocat Me Laurent Epailly, la peine de prison ferme requise est "peut-être excessive".

"Certes, on l'a vu avec les victimes, le drame est important et a fait naître des séquelles et des blessures extrêmement importantes", a-t-il fait valoir.

"Mais on reste quand même sur le plan de l'accident avec des personnalités qui ne sont pas des délinquants ordinaires."

Pour les autres prévenus, le parquet a requis un an de prison avec sursis contre ses supérieurs hiérarchiques directs, Christophe Allard et Hugues Bonningues, et six mois avec sursis contre l'ex-chef de corps du régiment Frédéric Merveilleux du Vignaux et son ancien adjoint Lionel Peyre.

Deux mois avec sursis ont été requis contre l'organisateur de la démonstration Jean-Baptiste Pothier, si toutefois sa culpabilité est retenue.

L'instruction a révélé que les spectateurs avaient été imprudemment placés dans l'axe du champ de tir de certains des militaires en démonstration.

Quelques 5.200 munitions de guerre grappillées au fil des années étaient par ailleurs irrégulièrement stockées dans un local du RPIMa afin de fournir des balles supplémentaires aux soldats lors des exercices, sans passer par la lourde procédure d'approvisionnement.

L'ancien président Nicolas Sarkozy s'était rendu sur place le lendemain des faits, dénonçant des "négligences inacceptables" et promettant des sanctions. Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche, avait démissionné dans la foulée.

Nicolas Vizioz a quant à lui été révoqué de l'armée sans droit à pension en décembre 2008.

Jean Décotte, édité par Yann Le Guernigou

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