Six hommes devant les assises pour avoir enlevé et torturé un commerçant

le
0

Ils sont accusés de lui avoir fait vivre une nuit d'enfer pour lui arracher le code de son coffre-fort: six hommes, dont trois frères, comparaissaient vendredi devant la cour d'assises de Paris pour avoir enlevé et torturé un agent de change en 2009.

Le procès, prévu jusqu'au 29 novembre, aurait dû démarrer mardi mais a été reporté de trois jours du fait de l'absence d'un accusé, bloqué en Thaïlande par les perturbations entraînées par le typhon ayant frappé les Philippines.

L'homme, Mohamed Haddaji, 33 ans, jeans délavé et blouson noir ajusté, qui s'est présenté comme boxeur professionnel, était bien là vendredi, affirmant son intention de ne pas faire défaut à la cour jusqu'à la fin des débats. Il lui a néanmoins été ordonné de remettre son passeport au greffier.

Les jurés ont ensuite été tirés au sort et des points de procédure ont été soulevés par la défense, en particulier sur les conditions de la garde à vue d'un accusé. Les débats devaient en principe démarrer dans l'après-midi, avec l'examen des personnalités des hommes mis en cause.

Agés de 27 à 48 ans, ils sont jugés pour "enlèvement, séquestration et tentative d'extorsion de fonds en bande organisée accompagnés de tortures et d'actes de barbarie" ou de complicité de ces chefs.

Leur victime, un agent de change parisien aujourd'hui âgé de 46 ans, avait été enlevée le 23 janvier 2009 devant son domicile par trois hommes, dont deux portaient des brassards de police. Menotté, la tête couverte d'une cagoule, il avait été conduit sur un terrain vague, aspergé d'essence et menacé d'être brûlé vif s'il ne donnait pas le code du coffre-fort de son établissement.

Refusant de céder, il avait été enfermé dans le coffre d'une voiture et conduit sur les bords de la Marne à Noisy-le-Grand où il avait été roué de coups avant d'être blessé par balles à une main et dans le bas du dos. Laissé pour mort, il avait dû son salut à la présence d'un riverain alerté par les aboiements d'un chien.

Deux accusés avaient reconnu durant l'enquête une participation partielle aux faits et la présence de trois autres membres du groupe, avant de se rétracter.

Des six jugés, deux comparaissent libres et quatre sont dans le box vitrés des accusés. Parmi les détenus, trois frères, Ismail, Kader et Kassoum Doumbia, ce dernier, 42 ans, étant considéré par l'accusation comme l'organisateur de l'enlèvement.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant