Six familles de réfugiés relocalisées de Grèce au Luxembourg

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* Il s'agit de 30 personnes en provenance d'Irak et de Syrie * Leur transfert s'inscrit dans le cadre d'un plan de l'UE * Près de 450 décès en 2015 dans la traversée Turquie-Grèce * L'île grecque de Lesbos a déclaré trois jours de deuil (Actualisé avec citations, contexte) par Michele Kambas ATHENES, 4 novembre (Reuters) - Les autorités grecques ont procédé mercredi à la première relocalisation de demandeurs d'asile arrivés sur leur territoire en envoyant par avion six familles au Luxembourg. Ces premières relocalisations s'inscrivent dans un plan de l'Union européenne visant à répartir au sein des Etats membres 160.000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, les deux principaux pays d'accueil des réfugiés en provenance d'Afrique et d'Asie. L'Italie a déjà transféré 86 demandeurs d'asile vers la Suède et la Finlande. Certains autres pays de l'UE n'ont pas adhéré à ce plan, arguant d'un manque de ressources et d'infrastructures ou disant craindre des menaces pour l'ordre public. Les six familles, soit 30 personnes, qui se sont envolées pour le Luxembourg venaient de Syrie et d'Irak. Des parents souriant et leurs jeunes enfants ont pris des "selfies" avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn à côté d'un avion de ligne à l'aéroport international d'Athènes. "La relocalisation de réfugiés irakiens et syriens à laquelle nous avons assisté aujourd'hui est un signe encourageant que nous allons dans la bonne direction", a déclaré le président du Parlement européen Martin Schulz lors d'une visite à Athènes en déplorant que seuls huit Etats de l'UE participent à ce schéma. Le programme, d'un montant de 780 millions d'euros sur deux ans, est financés par l'UE. Il se déroule sur deux ans. GOUTTE D'EAU "Trente par rapport aux milliers qui ont dû fuir la Syrie ou l'Irak, c'est une goutte d'eau dans l'océan", a déclaré Alexis Tsipras. "Mais nous espérons que cela va se transformer en un ruisseau et ensuite en une rivière d'humanité et de responsabilité partagée, parce que ce sont les principes sur lesquels a été construite l'Union européenne." La Grèce a déjà dépensé 1,5 milliard d'euros en centres d'accueil et en personnel pour faire face à la crise des migrants, déclare-t-on à Reuters dans l'entourage du gouvernement. Elle a encore besoin de 100 millions d'euros pour les identifications et la relocalisation, ajoute-t-on. Plus de 590.000 réfugiés et migrants sont arrivés depuis le début de l'année sur le territoire grec via la Turquie voisine. La traversée est courte mais périlleuse. Entre le 1er janvier et le 29 octobre, 435 personnes sont mortes dont de nombreux enfants. Ces drames pourraient être évités si les réfugiés étaient enregistrés dans le cadre de plans de relocalisation à partir de la Turquie elle-même, estime le Premier ministre grec. Cinq personnes supplémentaires, dont trois enfants, sont mortes dans la nuit de mardi à mercredi dans la traversée entre la Turquie et l'île de Lesbos, l'île grecque qui reçoit la majorité des réfugiés en provenance de Turquie. L'île n'a plus de place à la morgue pour les migrants décédés et conserve désormais les corps dans un camion réfrigéré. Elle a déclaré trois jours de deuil en mémoire des victimes. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk ont fait savoir dans une lettre qu'ils allaient profiter du prochain sommet du G20 pour demander une réponse internationale à la crise migratoire en Europe. ID:nL8N12Z3GF (Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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