Six Bulgares condamnés pour traite et proxénétisme

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SIX BULGARES CONDAMNÉS POUR TRAITE D'ÊTRES HUMAINS ET PROXÉNÉTISME
SIX BULGARES CONDAMNÉS POUR TRAITE D'ÊTRES HUMAINS ET PROXÉNÉTISME

MARSEILLE (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné mercredi à des peines de quatre à sept ans de prison ferme six membres d'une famille de ferrailleurs bulgares accusés d'avoir contraint à la mendicité et à la prostitution sept de leurs compatriotes, six hommes et une femme.

Ces peines, conformes aux réquisitions du parquet, ont été assorties d'interdictions définitives du territoire.

Les six membres de la famille Hristov, interpellés en juillet 2013 et incarcérés, étaient poursuivis pour "traite d'êtres humains avec circonstance aggravante" et "proxénétisme".

La jeune femme qui avait dénoncé les faits à la Direction interrégionale de police judiciaire de Marseille, âgée de 27 ans, a expliqué aux enquêteurs qu'elle avait été obligée de se prostituer.

Elle a affirmé que la totalité de ses gains lui étaient retirés, qu'elle avait été battue à coups de barre de fer et brûlée par des cigarettes, et que ses papiers d'identité lui avaient été confisqués.

Les six autres victimes, des hommes âgés de 43 à 69 ans, parfois recrutés en maison de retraite, assurent eux avoir été contraints à la mendicité depuis 2012.

Les prévenus les avaient convaincus qu'ils gagneraient plus d'argent en venant en France mais leurs gains et papiers ont été confisqués, et ils subissaient des fouilles et mises à nu régulières pour vérifier qu'ils ne cachaient pas d'argent. Certains disent avoir été battus.

Selon eux, la famille agissait sous l'autorité du patriarche Iordan Hristov, sur les comptes duquel les policiers ont retrouvé plus de 11.000 euros de dépôt en liquide.

Les six condamnés et leurs victimes vivaient tous dans un camp de Roms situé dans le XIe arrondissement de Marseille.

Les accusés ont expliqué que l'argent de la prostitution et de la mendicité était mis "dans un pot commun pour être restitué plus tard".

L'Organisation internationale contre l'esclavage moderne, qui s'était constituée partie civile, a salué le jugement.

"Ces peines sont à la hauteur de la gravité des faits. Il n'est pas courant que les victimes osent parler, c'est presque une affaire quasiment inédite", a déclaré à Reuters Me Yann Prévost, avocat de l'ONG et de plusieurs victimes.

"Ce jugement exemplaire pourra inciter d'autres victimes de ces réseaux à se faire connaître de la police et à demander de l'aide", a-t-il ajouté.

 

(Francois Revilla, édité par Gregory Blachier)

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