Six ans de prison requis contre Berlusconi dans le "Rubygate"

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UN PROCUREUR ITALIEN REQUIERT 6 ANS DE PRISON À L'ENCONTRE DE SILVIO BERLUSCONI
UN PROCUREUR ITALIEN REQUIERT 6 ANS DE PRISON À L'ENCONTRE DE SILVIO BERLUSCONI

par Silvia Aloisi et Sara Rossi

MILAN (Reuters) - Six ans de prison et une peine d'inéligibilité à vie ont été requis lundi contre Silvio Berlusconi pour incitation à la prostitution de mineure dans l'affaire du "Rubygate".

L'ancien président du Conseil, âgé de 76 ans, est accusé d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une danseuse, Karima El Mahroug, dite "Ruby", alors que celle-ci était encore mineure durant des soirées "bunga bunga" organisées dans sa villa d'Arcore, près de Milan.

Silvio Berlusconi est également accusé d'abus de pouvoir pour avoir fait libérer "Ruby" en mai 2010 dans une affaire distincte concernant le vol d'un bracelet d'une valeur de 3.000 euros.

Sur la peine de six ans demandée par le ministère public, cinq ans sont requis pour cette dernière affaire et un an les relations sexuelles tarifées avec une mineure. Le verdict a été mis en délibéré au 24 juin.

"Il y avait à Arcore un système de prostitution organisée destiné à satisfaire le plaisir sexuel de Silvio Berlusconi", a déclaré la procureure de Milan, Ilda Boccassini, dans son réquisitoire long de six heures.

Selon la représentante du ministère public, de nombreuses starlettes en herbe participaient à ces soirées dans l'espoir de se faire une place sur une des chaînes de télévision d'"Il Cavaliere".

L'examen du portable de "Ruby" a montré que la jeune femme d'origine marocaine avait passé au moins sept nuits à Arcore entre février et mai 2010, a indiqué la procureure.

"Il ne fait aucun doute que Ruby a eu des relations sexuelles avec l'accusé et qu'elle a reçu de l'argent en retour", a insisté Ilda Boccassini, selon laquelle Silvio Berlusconi était parfaitement au courant qu'elle était mineure.

"HAINE ET PRÉJUGÉS"

L'accusé dément toute malversation et nie avoir eu des relations sexuelles tarifées. Le "Cavaliere", qui se dit victime de magistrats motivés par des considérations politiques, a qualifié dans un communiqué le réquisitoire de la procureure de "mensonges inspirés par les préjugés et la haine".

"Ruby" a toujours nié s'être prostituée et avoir eu des relations sexuelles avec Berlusconi. Des témoins assurent toutefois qu'elle faisait partie des habitués des soirées "bunga bunga".

Une cour d'appel de Milan a déjà confirmé mercredi une peine de quatre ans de prison, dont un ferme, prononcée à son encontre en première instance pour les conditions frauduleuses d'achat de droits télévisés par son empire médiatique Mediaset. Berlusconi s'est pourvu en cassation.

Le dirigeant du Peuple de la liberté (PDL), revenu dans le jeu politique à la faveur des élections législatives de février, a en outre été déclaré inéligible pour cinq ans dans le cadre de cette affaire de fraude fiscale.

A Naples, le parquet demande pour sa part que l'ancien président du Conseil soit jugé pour avoir, selon l'accusation, versé en 2006 trois millions d'euros au sénateur Sergio De Gregorio afin qu'il change de camp et affaiblisse ainsi le gouvernement de centre gauche de l'époque, dirigé par Romano Prodi.

Le Peuple de la Liberté est l'une des principales composantes de la grande coalition entre la droite et la gauche difficilement mise en place fin avril pour sortir l'Italie de l'impasse politique consécutive aux élections.

Silvio Berlusconi ne participe pas lui-même au gouvernement.

Eric Faye, Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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