Sivens-Rassemblements pacifiques en hommage au militant tué

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* Marche silencieuse à Sivens et sit-in à Paris * Le gouvernement dénonce les violences de samedi * Royal entend gérer le dossier, dénonce une erreur d'appréciation (Actualisé avec Cazeneuve) PARIS, 1er novembre (Reuters) - Une marche silencieuse a eu lieu dimanche près du site du projet de barrage de Sivens (Tarn), tandis qu'un sit-in se tenait à Paris en hommage à Rémi Fraisse, le militant écologiste tué il y a une semaine par une grenade lancée par les gendarmes. Au lendemain de manifestations marquées par des affrontements à Nantes, Toulouse et Dijon, notamment, les organisateurs avaient appelé tant dans le Tarn que dans la capitale à des rassemblements pacifiques. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a salué le calme qui a présidé à ces rassemblements. "Le recueillement digne des participants a permis de rendre hommage dans le calme et le respect à ce jeune homme qui a perdu la vie dimanche dernier", a-t-il dit dans un communiqué. A Sivens, plusieurs milliers de personnes ont marché en début d'après-midi du campement des opposants jusqu'à l'endroit où Rémi Fraisse a trouvé la mort, devant le site de construction du barrage où ils ont déposé des fleurs et des messages. La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui doit réunir mardi les acteurs du projet de barrage, s'est montrée très critique sur la gestion locale du dossier. "Il y a eu manifestement une erreur d'appréciation sur ce projet. Ma responsabilité est de trouver des solutions, c'est l'objectif de la réunion de mardi", a-t-elle dit dimanche au Grand-Rendez vous Europe 1, i>Télé et Le Monde. "Depuis début septembre, il y a eu 50 gendarmes blessés. Dans ma région, il y a longtemps que j'aurais arrêté la situation. J'aurais dit : 'on se remet autour de la table'", a-t-elle ajouté. Les occupants de la "zone à défendre" - la zone humide du Testet - continuent toutefois de réclamer l'abandon du projet, et non sa simple suspension, décidée la semaine dernière. "Rémi ne doit pas être mort pour rien, ce projet doit être abandonné", a déclaré le député européen EELV José Bové, présent à la marche en mémoire du jeune militant. LES ECOLOGISTES REFUSENT L'AMALGAME A Paris, plusieurs centaines de personnes ont participé à un sit-in devant le mur de la Paix sur le Champs de Mars à l'appel de France nature environnement, le réseau auquel avait adhéré Rémi Fraisse. L'appel a été relayé par les grandes associations écologistes et certains syndicats. Quelques centaines de personnes ont participé à un troisième rassemblement - celui-là non autorisé - place Stalingrad, dans les 10e et 19e arrondissements de la capitale où un important dispositif policier a été déployé. Une soixantaine de manifestants, certains portant des marteaux ou de coups de poing américains, ont été interpellés. Les écologistes ont dit refuser tout amalgame avec la mouvance d'extrême gauche impliquée dans les violences de samedi, affirmant être des pacifistes convaincus, à l'image du jeune homme tué la semaine dernière. "L'engagement citoyen au service de l'intérêt général est par essence pacifique", a déclaré Europe Ecologie/Les Verts (EELV) dans un communiqué condamnant les violences. Le Premier ministre, Manuel Valls, a dénoncé pour sa part "des comportements anti-démocratiques" qui "bafouent le droit légitime des manifestants pacifiques de s'exprimer (...) et sont une insulte à la mémoire de Rémi Fraisse". Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a lancé dans le Journal du dimanche un appel au calme après avoir condamné sur TF1 des "exactions" qui sont destinées selon lui "à remettre en cause l'Etat de droit". Les organisateurs de la manifestation de Nantes ont répondu dans un communiqué qu'il s'agissait "d'une réaction populaire à un assassinat policier et l'affirmation d'une volonté commune de désarmer les forces de l'ordre". Les "zadistes" dénoncent un "dispositif policier disproportionné" et font état de nombreux blessés dans leurs rangs, tandis que les auteurs d'appels à des rassemblements "sauvages" dénoncent "un assassinat d'Etat". Selon les premiers éléments de l'enquête, Rémi Fraisse a été victime d'une grenade offensive des gendarmes dans la nuit du 25 au 26 octobre sur le site du projet de barrage. L'auteur du tir a été identifié et entendu, mais n'a pas été suspendu. Une information judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions" a été ouverte. (Gérard Bon)

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  • M4358281 le dimanche 2 nov 2014 à 17:18

    Le barrage devrait porter son nom ...