Sivens-Affrontements avec la police à Nantes et Toulouse

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par Guillaume Frouin et Johanna Decorse NANTES/TOULOUSE, 1er novembre (Reuters) - Des affrontements entre des manifestants et la police étaient en cours samedi à Nantes et à Toulouse après des rassemblements à la mémoire de Rémi Fraisse, mort sur le site du projet de barrage de Sivens (Tarn), ont constaté des journalistes de Reuters. A Nantes, les forces de l'ordre faisaient usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants, dont un nombre important d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), qui leur lançaient des bouteilles en verre et divers projectiles. Deux membres de la gendarmerie et de la police ont été blessés, selon la préfecture, qui a fait état de jets de bouteilles d'acide sur les forces de l'ordre. Une manifestante de 21 ans a été blessée aux jambes par les éclats de plastique d'une grenade de "désencerclement" qui a explosé à ses pieds, tandis qu'un autre aurait été blessé au visage par un tir de flash-ball, selon des photos postées sur les réseaux sociaux. Plusieurs centaines de manifestants avaient participé à la manifestation dans l'après-midi, émaillée de slogans comme "Pétain reviens, t'as oublié tes chiens", "Un flic, une balle, justice sociale" ou "L'Etat réprime, la police assassine". Des feux de poubelles étaient en cours dans le centre ville où des nuages de gaz lacrymogène flottaient non loin de badauds et de curieux. Seize manifestants ont été interpellés, selon le préfet de Loire-Atlantique. "Ce sont des groupes qui sont venus pour chercher l'affrontement avec les forces de police", a dit Henri-Michel Comet à des journalistes. Jean-Marc Ayrault, député de Loire-Atlantique, a quant à lui condamné sur Twitter "les violences délibérées des groupes radicaux qui n'ont qu'un adversaire, la démocratie". Les opposants historiques au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes n'avaient pas appelé à se joindre à la manifestation. "Une nouvelle catastrophe est à craindre comme celle de Sivens", avait dit l'Acipa, la principale association d'opposants. Europe Ecologie-Les Verts a pris la même décision. APPEL À SÉGOLÈNE ROYAL Après un rassemblement réunissant quelque 500 personnes à Toulouse, des affrontements ont eu lieu en plein centre ville, notamment sur la place Esquirol, où les manifestants ont dressé des barricades avant d'être dispersés par les gaz lacrymogènes. Des membres des forces de l'ordre et au moins un manifestant ont été blessés, a-t-on appris de source policière. Une dizaines d'interpellations ont eu lieu. L'hommage à Remi Fraisse avait commencé dans le calme. Des opposants au projet de barrage étaient venus en famille, avec des pancartes "Ni pardon ni oubli" et des banderoles "Il n'a pas choisi de mourir pour des idées". "Nous avons subi deux mois de bavures et de violences policières. La grenade qui a tué Remi Fraisse, les gendarmes en ont envoyées plusieurs centaines, y compris dans des lieux fermés. A force de prendre des risques, le drame est arrivé", a dit Camille, un opposant au projet de barrage interrogé par Reuters. Gérard Onesta, vice-président écologiste du conseil régional de Midi-Pyrénées, a expliqué lors de la manifestation que "les forces de l'ordre sont passées plusieurs fois à deux doigts de la bavure" et qu'à Sivens s'est jouée une "chronique d'une mort annoncée". Selon les analyses effectuées jusqu'à présent, Rémi Fraisse a été victime d'une grenade offensive des gendarmes dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du projet de barrage. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a annoncé qu'elle réunirait mardi les parties prenantes au projet. Selon Gérard Onesta, cette réunion peut "tout changer". "Une déclaration d'utilité publique peut être retirée par n'importe quelle autorité", a-t-il dit. "Ségolène Royale qui est restée bien trop longtemps silencieuse doit dire stop à ce gâchis." Le conseil général du Tarn a quant à lui jugé vendredi impossible de poursuivre ce projet et confirmé son intention de suspendre provisoirement le chantier. Le collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe de nombreux opposants au projet, a aussitôt indiqué qu'il resterait mobilisé jusqu'à l'obtention d'une suspension jusqu'en 2015 et a mis en garde contre tout passage en force. (Guillaume Frouin à Nantes et Johanna Decorse à Toulouse, édité par Jean-Baptiste Vey)

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  • M8252219 le samedi 1 nov 2014 à 21:31

    Hollande ta Démocratie part en quenouille, des Anarco-terroristes Brûlent les CRS avec la bénédiction discrète de EELV qui arme des idéalistes.