Situation financière dégradée dans l'ex-Poitou-Charentes

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    BORDEAUX, 7 avril (Reuters) - Un audit commandé par la 
nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) a 
confirmé jeudi "une forte dégradation des ratios financiers" de 
l'ex-région Poitou-Charentes, dont 132 millions d'euros 
d'impayés. 
    Au mois de février, le président socialiste de la région 
ALPC, Alain Rousset, avait révélé que l'ancienne région avait 
laissé pour 132 millions d'impayés, dont 62 millions en 
investissement et 70 millions en fonctionnement. 
    L'audit du cabinet Ernst&Young présenté jeudi à la 
commission des finances de la région relève que "la situation 
financière (...) s'est dégradée entre 2013 et 2015" et que cette 
dégradation provient "de la forte baisse de l'épargne brute 
(-71% en deux ans) du fait d'un 'effet ciseau' entre les 
dépenses et les recettes de fonctionnement." 
    Ce rapport constate que la capacité de désendettement est 
passée de 4,1 ans en 2013 à 20,4 ans en 2015. De plus, une 
partie de la dette -- 46 millions d'euros -- correspond à des 
emprunts à haut risque dont certains ont été souscrit en 2011, 
alors qu'ils étaient déconseillés depuis 2010.  
    L'ex-région Poitou-Charentes a également octroyé 94 millions 
d'euros de garanties d'emprunts à des entreprises, à comparer 
avec les 4 millions d'euros de l'ex-région Aquitaine.     
    "Cet audit est un point de départ. Mais il pose beaucoup de 
questions sur la sincérité des comptes de 
l'ex-Poitou-Charentes", a souligné Olivier Chartier, le 
président (LR) de la commission des finances de la région.  
    Alain Rousset a précisé que "le mandat du cabinet d'experts 
n'était pas d'éplucher chaque facture et déterminer les 
responsabilités. Ce sera à la Chambre régionale des comptes de 
le faire". 
    La nouvelle région, une fois les 132 millions d'euros 
d'impayés intégrés au budget, va pouvoir solder les dettes d'ici 
la fin du mois d'avril. 
    Jusqu'à son intégration dans la nouvelle région, 
Poitou-Charentes était présidée par le socialiste Jean-François 
Macaire, qui avait succédé en avril 2014 à Ségolène Royal 
devenue ministre de l'Environnement.      
 
 (Claude Canellas, édité par Henri-Pierre André) 
 
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