Sites, dépôts ventes, le business s'organise

le
0
Ca n'est plus un tabou, de plus en plus de cadeaux de Noël sont revendus après les fêtes.

À force d'expliquer tous les ans que la revente des cadeaux de Noël indésirables n'est plus un tabou, c'est désormais un commerce bien rodé et parfaitement organisé. Principaux bénéficiaires de cette vaste foire aux équipements qui font doublon ou aux petites attentions qui ratent leur cible: les grands sites Internet de ventes entre particuliers.

L'an dernier, eBay a ainsi enregistré jusqu'à 110 ventes par minute dès le 26 décembre avec un pic le 22 janvier (correspondant aussi à la 2e démarque des soldes). De son côté, l'un de ses concurrents, PriceMinister, compte aussi sur cette manne. Dans une étude réalisée par OpinionWay pour ce site, il apparaît que les Français ont tendance à revendre en priorité les cadeaux qui leur ont été offerts par la famille éloignée (56 %), les collègues (47 %) et les beaux-parents (29 %). De plus en plus décomplexés, les vendeurs de cadeaux expliquent majoritairement qu'ils ont choisi cette solution car le présent leur paraît inutile ou ne leur plaît pas.

Peu de recours en cas de litiges

Mais ils sont aussi 36 % à avancer des raisons écologiques (il est mieux de revendre que de jeter), voire à invoquer un besoin de trésorerie pour leurs dépenses courantes (35 %). Nouveauté 2012: au-delà des vêtements, livres et jeux qui se vendent couramment, il est désormais possible de revendre (et donc d'acheter) des cartes cadeaux à prix réduit sur le site Esioox.com.

Les ratés du Père Noël feront cette année encore les bonnes affaires d'eBay, qui prélève autour de 9 % sur les ventes réalisées ainsi que des frais de mise en vente dans certains cas, tandis que PriceMinister récupère entre 10 % et plus de 20 % sur les transactions (celles entre 15 et 50 euros). Le dernier venu sur ce marché, leboncoin, a connu une percée spectaculaire car il est gratuit pour les utilisateurs et ne se rémunère qu'avec la publicité présente sur le site.

«Dans les ventes entre particuliers mieux vaut utiliser le système du tiers de confiance, qui sécurise la transaction», souligne Jean-Marc Granier, au service juridique de l'Institut national de la consommation. En clair, mieux vaut envoyer son paiement à un site Internet qui garantit la bonne exécution du contrat alors qu'avec leboncoin le paiement s'effectue entre particuliers. Ces ventes ne sont pas réglementées et il n'y a quasiment pas de possibilité de recours en cas de litige, en dehors des cas où la petite annonce est clairement mensongère.

Quant à ceux qui ne sont pas à l'aise avec Internet, ils peuvent passer par des enseignes de dépôts-ventes numériques comme EncherExpert ou Vendez Malin. Surtout présentes à Paris, ces boutiques permettent d'y déposer ses objets, qui seront ensuite vendus en ligne. Un service clés en main qui est évidemment plus coûteux: la commission est de 33 % (pour les objets vendus moins de 1 000 euros). Autre possibilité: la Fnac propose de reprendre du matériel high-tech usagé dans tous ses magasins en échange de bons d'achat.

«Troc parties»

Le troc de cadeaux est également de plus en plus tendance. Les «troc parties», souvent féminines, permettent des échanges de vêtements et autres objets. Il s'en organise un peu partout en France notamment après Noël. Signe de l'intérêt pour cette pratique, le site pretachanger.fr a inventé le troc high-tech. Grâce à de savants algorithmes, le service permet de réaliser des chaînes de troc à plusieurs personnes pour que chacun y trouve son compte et propose un système simple d'expédition des objets.

Un large éventail de solutions qui ne doivent pas faire oublier qu'un cadeau non désiré peut tout simplement être donné à un proche ou à une association. L'an dernier l'ONG Oxfam avait ainsi lancé un appel pour récupérer les paquets non désirés.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant