Sissi invite l'Egypte à la patience face aux pannes de courant

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LE CAIRE, 6 septembre (Reuters) - Le président égyptien Abdel Fattah al Sissi a invité samedi ses concitoyens à la patience face aux coupures d'électricité géantes qui frappent l'Egypte, en insistant sur le coût de la rénovation du réseau alors que l'Etat peine déjà à remettre ses finances à flot. Les coupures de courant sont quotidiennes au Caire mais jeudi, la moitié du pays a été touchée, des usines ont été mises à l'arrêt et une partie du métro de la capitale a dû être fermée. La fourniture d'électricité, et plus largement la question énergétique, est un thème sensible en Egypte et l'incapacité du président islamiste Mohamed Morsi à régler ces problèmes a contribué à alimenter la colère de la population, jusqu'à aboutir en juillet 2013 à son renversement par l'armée alors emmenée par Abdel Fattah al Sissi. Dans une allocution télévisée, le chef de l'Etat a souligné samedi que le mauvais état du réseau électrique égyptien était le fruit de plusieurs années de sous-investissements et il a reconnu qu'il n'y aurait pas de solution miracle. "Avons-nous développé nos capacités de production électrique pour répondre à nos besoins? Construit des centrales pour répondre à nos besoins? Cela n'a pas été fait car cela nécessite un financement massif", a dit Abdel Fattah al Sissi. "Nous devons comprendre que cette question ne peut absolument pas être réglée et corrigée du jour au lendemain", a-t-il ajouté. L"Egypte a besoin d'augmenter la capacité de son réseau électrique de 12.000 megawatts au cours des cinq prochaines années pour un coût de 12 milliards de dollars (9,26 milliards d'euros), a-t-il dit. Dans une économie frappée de plein fouet par les troubles politiques consécutifs au renversement d'Hosni Moubarak début 2011, l'Egypte aura du mal à trouver cette somme, a ajouté le président. Plusieurs pétromonarchies du Golfe, hostiles aux Frères musulmans de Mohamed Morsi, ont apporté une aide financière à l'Egypte après le renversement du président islamiste par l'armée. L'Egypte vise une croissance économique de 5,8% au cours des trois prochaines années tout en maintenant son déficit public aux alentours de 10% de son produit intérieur brut (PIB). Sissi demande fréquemment aux Egyptiens d'accepter des sacrifices pour rétablir la situation du pays et son gouvernement a déjà augmenté le prix du carburant de 78% en juillet en réduisant de manière drastique certaines subventions. (Lin Nouheid; Bertrand Boucey pour le service français)

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