SIPH: Michelin, davantage actionnaire que client ?

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(CercleFinance.com) - Un discret avis de franchissement de seuil publié hier par l'Autorité des marchés financiers (AMF) indique que Michelin, le pneumaticien de Clermont-Ferrand, s'est renforcé au capital de son partenaire et fournisseur de caoutchouc, la Société internationale des plantations d'hévéas (SIPH). Dont il n'est cependant plus le premier client.

Les relations capitalistiques de Michelin et du “'planteur d'hévéas” SIPH, très présent en Afrique de l'Ouest, ne datent pas d'hier. C'est en effet en 2006 que le premier arrive en force au tour de table du second, en prenant 20% du capital alors que l'action s'échangeait, comme aujourd'hui, un peu au-dessus de 30 euros.

Ce niveau de participation ne changera pas jusqu'à ce que dans le courant de l'année 2013, il soit porté à 20,42%, avant 20,97% fin 2014 puis 23,20% fin 2015. Et ce alors que l'an dernier comme aujourd'hui, le cours de l'action SIPH évoluait autour, sinon en dessous de 30 euros. Dernier épisode en date : publié hier, un avis de l'AMF indique que par l'intermédiaire de sa filiale suisse Compagnie financière Michelin (CFM), le groupe du même nom est grimpé le 12 juillet jusqu'à 23,64% du capital et 25,01% des voix de SIPH.

Rappelons que Michelin est aussi lié par un pacte d'actionnaires à SIFCA, qui contrôle le capital de SIPH. Ainsi, les deux partenaires détiennent de concert près de 80% des actions du caoutchoutier.

On serait tenté d'en déduire que boursièrement, Michelin a plutôt “bien joué” en laissant soigneusement passer le pic supérieur à 100 euros atteint par l'action SIPH au printemps 2011, lorsque le prix du caoutchouc s'envolait. Et qu'il y retourne maintenant que le cours de la matière première semble donner des signes de redressement, et que celui du titre est encore proche de ses plus bas.

Bien évidemment, les liens entre les deux groupes sont plus que capitalistiques. Tout d'abord, le caoutchouc naturel constituait en 2015 le premier poste de dépenses de Michelin, avec 26% du total de ses coûts, soit davantage que le caoutchouc synthétique (25%).

De plus, le directeur général de SIPH depuis l'été 2009, Bertrand Vignes, est un ancien responsable du département Caoutchouc naturel de Michelin, entre 1999 et 2009. Le groupe de Clermont-Ferrand dispose aussi de deux sièges au conseil de SIPH.

Mais paradoxalement, Michelin n'est plus le premier consommateur de la sève d'hévéa produite par SIPH. Selon les documents de référence de ce dernier, le poids de Michelin en tant que client s'est réduit : en 2006, le géant de Clermont-Ferrand représentait 50% du CA consolidé de SIPH, taux revenu à 29,2% en 2013. Depuis 2014, c'est même l'acteur asiatique R1 International qui est identifié comme le premier client du groupe, avec 27,7% du CA en 2015.

Quoi qu'il en soit, Michelin semble bien parti pour profiter du rebond des résultats de SIPH anticipé par le marché : après une perte ajustée de 0,52 euro par action en 2016, le consensus table sur un retour aux profits cette année (+ 0,92 euro par titre), avant 1,07 euro en 2017. A suivre.

EG


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