Silva candidate, la présidentielle bouleversée au Brésil

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(Complétée tout du long) par Anthony Boadle BRASILIA, 21 août (Reuters) - L'écologiste Marina Silva a accepté mercredi d'être la candidate du Parti socialiste brésilien (PSB) à l'élection présidentielle au Brésil, ce qui bouleverse la donne pour Dilma Rousseff en fragilisant ses chances de réélection. Marina Silva remplace Eduardo Campos, décédé dans un accident d'avion le 13 août. Elle en était la colistière pour la vice-présidence. Ecologiste déterminée et chrétienne convaincue, Marina Silva apparaît comme une femme intransigeante à ses détracteurs mais comme la responsable politique la plus fidèle à ses principes pour ses partisans. Perçue comme extérieure à la classe politique traditionnelle, elle est particulièrement populaire auprès de la jeunesse et des électeurs indépendants désireux de sortir de l'affrontement entre le Parti des travailleurs (PT) de Dilma Rousseff et ses adversaires libéraux du Parti social démocrate brésilien (PSDB). Cela lui avait valu d'obtenir la troisième place à la précédente élection présidentielle en 2010, en tant que candidate du Parti des Verts, avec un score de 19% nettement supérieur aux prévisions. D'après un sondage rendu public lundi, Marina Silva arriverait à égalité avec Aecio Neves, du PSDB, derrière Dilma Rousseff au premier tour le 5 octobre. Au second tour trois semaines plus tard, celui ou celle des deux arrivé devant entre Marina Silva et Aecio Neves aurait des chances croissantes de battre la présidente sortante et de mettre ainsi fin à 12 années de pouvoir du PT. UN COLISTIER PROCHE DU SECTEUR AGROALIMENTAIRE Mardi, un responsable du PSDB a déclaré à Reuters que son parti, soucieux de déloger Dilma Rousseff, soutiendrait Marina Silva au second tour si son candidat est éliminé. Désormais âgée de 56 ans, Marina Silva a grandi dans une communauté de récoltants de caoutchouc et n'a appris à lire qu'à l'adolescence. Elle est entrée en politique via la lutte contre la déforestation de l'Amazonie. Alors membre du Parti des Travailleurs, elle devient ministre de l'Environnement sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva, le prédécesseur de Dilma Rousseff. A ce poste, elle s'oppose régulièrement à d'autres responsables du PT, dont Dilma Rousseff, sur des projets de barrages hydroélectriques en Amazonie. Ces affrontements réguliers finissent par la conduire à la démission et à se présenter contre la candidate du PT en 2010. Marina Silva suscite toutefois la méfiance du puissant secteur agroalimentaire, qui représente un quart du PIB du Brésil et 44% de ses exportations. Dans l'espoir de surmonter ces réticences, le PSB lui a choisi comme colistier un parlementaire du Rio Grande do Sul, un fief de l'industrie agroalimentaire. Cet homme, Beto Albuquerque, a fait adopter il y a 10 ans par le Congrès un texte autorisant l'utilisation de soja transgénique, malgré les objections de Marina Silva. (Bertrand Boucey pour le service français)

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