Silence dans les pays du Golfe après l'accord de Lausanne

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DUBAI, 3 avril (Reuters) - Les pétromonarchies sunnites du Golfe sont restées silencieuses vendredi à propos de l'accord-cadre sur le nucléaire iranien annoncé à Lausanne. Les médias officiels n'ont mentionné que brièvement l'événement et le principal journal télévisé du soir en Arabie saoudite a attendu 40 minutes avant d'évoquer le sujet. Un haut responsable de la région a déclaré que les pays du Golfe réagiraient collectivement dans les jours qui viennent par la voix du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Oman et Bahreïn. Les membres du CCG ne réagiront qu'après avoir minutieusement examiné le texte du compromis, a dit une autre source. Interrogé peu après l'annonce d'un accord, l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington, Adel al Djoubeïr, a également déclaré que Ryad ne ferait pas de commentaire avant d'avoir étudié le document. "Tout le monde souhaite un bon accord qui empêche l'Iran de développer une bombe atomique", s'est-il borné à déclarer. L'Arabie saoudite, puissance sunnite rivale de l'Iran chiite, a plusieurs fois laissé entendre qu'elle chercherait aussi à se doter de l'arme atomique si les grandes puissances ne parvenaient pas à empêcher le développement d'un programme nucléaire militaire iranien. Des observateurs dans la région ont estimé que l'accord-cadre de Lausanne pourrait déjà encourager les pétromonarchies du Golfe à développer leurs propres activités nucléaires. "Ce compromis sur le nucléaire conclu aujourd'hui fixe un cadre pour des niveaux acceptables d'activité nucléaire. Cela ouvrira l'appétit de l'Arabie saoudite", a déclaré Djamal Khachoggi, un commentateur saoudien réputé. Sami AlFaraj, conseiller koweïtien du CCG pour la sécurité, a exprimé son inquiétude au sujet de l'accord. "Si l'Iran parvient un jour à posséder l'arme nucléaire, nous considérerons que la communauté internationale en est responsable, lors de ces négociations", a-t-il dit. "Nous nous sentirons libres de partir et de chercher un contrepoids." (Amena Bakr, William Maclean, Angus McDowall, avec Yeganeh Torbati à Washington; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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