Signaux négatifs sur l'économie française et l'emploi

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Signaux négatifs sur l'économie française et l'emploi
Signaux négatifs sur l'économie française et l'emploi

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les signaux négatifs se multiplient pour l'économie française et l'emploi au moment où les Européens cherchent à relancer la croissance dans une zone euro plombée par la crise grecque.

Le climat des affaires s'est dégradé dans tous les secteurs de l'économie au mois de mai et les indices PMI flash signalent une nette contraction de l'activité dans l'industrie comme dans les services.

Sur le front de l'emploi, le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois a baissé de 4,6% en avril, confirmant la tendance négative observée depuis trois trimestres.

Ce ralentissement est de mauvais augure pour les chiffres du chômage d'avril qui seront publiés mercredi prochain. En mars, le nombre de demandeurs d'emploi avait progressé pour le onzième mois consécutif.

"C'est décevant", a dit Jack Kennedy, économiste chez Markit, commentant les indices PMI. "Ca suggère une contraction du produit intérieur brut au deuxième trimestre après une stagnation au premier." L'indice pour l'industrie se situe à son plus bas niveau depuis mai 2009.

Le gouvernement français compte sur une croissance de 0,5% cette année et une accélération à 1,7% l'an prochain pour l'aider à réduire le déficit public de 5,2% du produit intérieur brut fin 2011 à 4,5 fin 2012 et 3,0% fin 2013.

LE DÉFI DE LA CROISSANCE

Ces indicateurs sont publiés au lendemain du premier Conseil européen informel du nouveau président français, François Hollande, lors duquel les dirigeants européens ont posé les jalons d'une relance de la croissance en Europe.

La réunion visait à préparer le Conseil européen des 28 et 29 juin "qui devrait, si le travail est fait en ce sens, préparer un pacte de croissance", a dit François Hollande, qui s'est heurté, comme prévu, à l'opposition allemande sur les euro-obligations.

Plusieurs initiatives font en revanche consensus : mobiliser des fonds structurels européens non utilisés pour aider les PME, lancer des euro-obligations pour financer des grands projets d'infrastructures et augmenter les capacités de prêt de la Banque européenne d'investissement (BEI), invitée par les dirigeants européens à réfléchir à une augmentation de capital.

Un projet-pilote sur les "euro-projets", aussi appelés project bonds, pourrait entraîner le déblocage de 4,6 milliards d'euros d'investissements et la recapitalisation de la BEI permettrait de financer des projets allant jusqu'à 180 milliards d'euros.

Le défi est de sortir la zone euro de la stagnation économique. L'OCDE a annoncé mardi prévoir une contraction du PIB de 0,1% cette année dans la zone euro et une croissance de 0,9% l'an prochain.

Pour la France, l'Organisation de coopération et de développement économiques, prévoit une reprise de l'économie au deuxième semestre après une stagnation au premier, la croissance s'établissant à 0,6% sur l'ensemble de 2012, puis à 1,2% en 2013.

Edité par Patrick Vignal

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