Signature du contrat Rafale avec l'Egypte dans un contexte tendu

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* La France signe la première vente du Rafale à l'exportation * L'EI annonce la décapitation de 21 Egyptiens coptes * Paris et Le Caire veulent une réunion à l'Onu sur la Libye PARIS, 16 février (Reuters) - La France va signer lundi le contrat de vente de 24 Rafale et d'une frégate multimissions à l'Egypte à l'heure où le pays, riverain d'une Libye plongée en plein chaos, est la cible d'attaques revendiquées par l'Etat islamique. La dernière en date - la décapitation de 21 Egyptiens coptes, récemment kidnappés en Libye par l'Etat islamique - a suscité une vague d'émotion et entraîné une riposte immédiate de l'armée égyptienne qui a bombardé des positions du groupe djihadiste à l'aube lundi. A quelques heures du déplacement à forte connotation sécuritaire de Jean-Yves Le Drian au Caire, qui doit marquer la première vente à l'export de l'avion de combat français, Abdel Fattah al Sissi et François Hollande se sont entretenus par téléphone pour évoquer la situation dans la région. "Le président Sissi a souhaité joindre le président de la République ce matin en urgence", a-t-on indiqué à l'Elysée. "Ils ont évoqué la gravité de la situation en Libye avec la présence en profondeur de Daesh (acronyme arabe de l'Etat islamique, NDLR) sur le territoire". Les deux chefs d'Etat ont notamment souhaité que le Conseil de sécurité de l'Onu se saisisse de la situation en Libye, où des foyers djihadistes se sont constitués dans le Sud, profitant du vide politique laissé par la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, et menaçant la stabilité de la région. L'Egypte s'est tenue jusqu'à présent à l'écart de la campagne de frappes aériennes menée par la coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, contre les positions de l'EI en Irak et en Syrie, pour se concentrer sur ses propres frontières menacées par des insurgés islamistes dont certains se sont ralliés à l'EI. TRIPLE DÉFI Le principal groupe islamiste égyptien Ansar Beït al Makdess, affilié à l'Etat islamique et basé dans le Sinaï, a multiplié les attentats contre les forces de sécurité depuis que le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a été écarté du pouvoir par l'armée en juillet 2013. Son successeur, Abdel Fattah al Sissi, a un triple défi sécuritaire à relever, a souligné le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian : la sécurité du canal de Suez, par lequel passe une partie du trafic maritime mondial, la "menace fondamentaliste" au Sinaï et la "lutte contre le fondamentalisme djihadiste partout". "La décapitation spectaculaire, morbide, de chrétiens coptes (...) est une raison supplémentaire d'avoir des éléments de sécurité", a-t-il souligné sur RMC, pointant la risque de jonction entre "Daesh au Levant et Daesh en Libye". "Aujourd'hui preuve est faite qu'il y a des centres d'entraînement et des actions de Daesh en Libye", a-t-il ajouté. "C'est de l'autre côté de la méditerranée, c'est très proche de nous, d'ou la nécessité d'être extrêmement vigilant et d'être alliés avec des pays de la région. Le contrat de vente de 24 Rafale, d'une frégate multimissions et de missiles, d'un montant de plus de 5 milliards d'euros, a suscité une vague de critiques des défenseurs des droits de l'homme en France qui s'alarment de la répression orchestrée par le régime égyptien contre l'opposition. ID:nL5N0VN45L "La stabilité de l'Egypte n'est pas encore tout à fait assurée, c'est une réalité (...), la réalité c'est aussi que la sécurité est l'élément d'urgence pour ce pays", a déclaré lundi Jean-Yves Le Drian, soulignant toutefois que la France ne partageait pas "toutes les actions menées par l'Egypte". "Le développement et la démocratie c'est postérieur à la sécurité, il faut d'abord la sécurité pour être sûr ensuite d'engager son pays dans une stratégie positive". (Marine Pennetier, avec Elizabeth Pineau et Nicholas Vinocur, édité par Yves Clarisse)

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