Signature d'un nouveau cessez-le-feu au Soudan du Sud

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(Avec précisions, calendrier) ADDIS-ABEBA/JUBA, 2 février (Reuters) - Le président sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, entré en rébellion après sa mise à l'écart, ont signé lundi un nouvel accord de cessez-le-feu, ont annoncé les médiateurs. Un accord plus large de partage du pouvoir est en cours de négociation, prévoyant la mise en place d'un gouvernement de transition, le retour de Riek Machar à la vice-présidence et le maintien de Salva Kiir dans ses fonctions jusqu'à la fin de son mandat, a-t-on indiqué de source diplomatique africaine. Selon le ministre de l'Information Michael Makuei, un des négociateurs, les deux camps se sont entendus sur la création d'un second poste de vice-président mais les discussions se poursuivent pour décider si les deux vice-présidents auront des pouvoirs identiques. Les deux camps espèrent parvenir à un accord définitif à ce sujet d'ici à la fin du mois de mars, a-t-il dit. D'après la feuille de route, les négociations sur le partage du pouvoir auront auparavant repris, le 19 février, et devront s'être achevées au plus tard le 5 mars en vue d'une entrée en fonction du gouvernement de transition en avril, a poursuivi le ministre. Ce gouvernement doit être opérationnel d'ici au mois de juillet, lorsque s'achèvera le mandat de Salva Kiir, élu à la présidence lors de l'indépendance du Soudan du Sud en 2011. Pour l'heure, les deux parties réunies à Addis-Abeba sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), un groupement de huit pays est-africains, ont uniquement accepté de respecter l'accord de cessez-le-feu signé en janvier 2014, mais fréquemment violé. Après s'être entendus sur ce point, les négociateurs de Riek Machar ont précisé qu'il restait beaucoup de points à régler avant de pouvoir parler de véritable accord de partage du pouvoir. Les médiateurs espèrent que ce pas en avant permettra de mettre un point final à un conflit ethnique qui a fait plus de 10.000 morts et 1,5 million de déplacés depuis qu'il a éclaté en décembre 2013. L'enquête ouverte il y a un an par l'Union africaine sur les violations des droits de l'homme commises pendant le conflit a été mise en veille "pour faciliter le processus de paix", a déclaré l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, qui préside la commission d'enquête. Les organisations des droits de l'homme accusent aussi bien les Dinkas de Salva Kiir que les Nuers de Riek Machar de s'être rendus coupables de massacres et d'autres exactions, et d'avoir poussé une partie de la population au bord de la famine. (Aaron Maasho et Katie Migiro, avec Edmund Blair; Jean-Philippe Lefief, Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français)

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