Signature à Bogota du nouvel accord de paix colombien

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    par Helen Murphy 
    BOGOTA, 24 novembre (Reuters) - Le président colombien Juan 
Manuel Santos et le chef des Farc Rodrigo Londono signent ce 
jeudi un nouvel accord de paix destiné à mettre fin à 
cinquante-deux ans d'insurrection armée. 
    Le texte, amendé à la suite du rejet de la première version 
par une étroite majorité de Colombiens lors d'un référendum le 2 
octobre dernier, sera paraphé au cours d'une cérémonie beaucoup 
plus sobre que la solennelle célébration organisée fin septembre 
à Carthagène des Indes devant le secrétaire général des Nations 
unies Ban Ki-moon et plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement. 
    Elle aura lieu au Teatro Colon de Bogota, devant un parterre 
composé essentiellement de membres du gouvernement ou de 
dignitaires locaux.  
    L'accord est le fruit de quatre années de négociations à La 
Havane entre le gouvernement du président Santos et les Forces 
armées révolutionnaires de Colombie, une guérilla marxiste en 
lutte contre le pouvoir central depuis 1964. Le conflit a fait 
plus de 220.000 morts et des millions de déplacés.  
    La signature du document déclenchera un compte à rebours de 
six mois pendant lesquels les 7.000 rebelles toujours en 
activité devront déposer les armes et pourront former un parti 
politique.  
    Le camp du "non", emmené par l'ancien président conservateur 
Alvaro Uribe, réclamait des modifications plus importantes et ne 
décolère pas depuis que Juan Manuel Santos a décidé de faire 
ratifier l'accord par le Congrès, et non via un nouveau 
référendum. Il annonce des manifestations et pourrait boycotter 
le débat parlementaire sur le nouveau texte de 310 pages.  
    De nombreux Colombiens protestent contre le fait que 
l'accord ne prévoit pas de peines de prison pour les membres des 
Farc qui seraient jugés coupables d'enlèvements ou de massacres. 
    Juan Manuel Santos, récompensé du prix Nobel de la paix 2016 
pour ses efforts visant à mettre fin au conflit, veut quant à 
lui une mise en oeuvre rapide de l'accord de paix afin de 
prévenir le risque de rupture du fragile cessez-le-feu en place 
depuis les négociations.  
 
 (Avec Luis Jaime Acosta; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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