Sigmar Gabriel prêt à débattre des règles sur les déficits

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LE MINISTRE ALLEMAND DE L'ECONOMIE OUVRE LE DÉBAT DES RÈGLES SUR LES DÉFICITS
LE MINISTRE ALLEMAND DE L'ECONOMIE OUVRE LE DÉBAT DES RÈGLES SUR LES DÉFICITS

TOULOUSE (Reuters) - Les coûts des réformes structurelles menées par les Etats membres de l'Union européenne ne devraient pas être pris en compte dans le calcul du déficit public, a déclaré lundi le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel.

Cette proposition, a-t-il déclaré à Toulouse après une rencontre avec son homologue français Arnaud Montebourg, sera débattue lors de la définition de la politique de la nouvelle Commission européenne qui entrera en fonction le 1er novembre.

"Personne ne peut accepter les déficits qu'on a aujourd'hui, mais pour surmonter les déficits, il faut de la croissance, il faut de l'emploi", a dit Sigmar Gabriel à des journalistes en marge d'une visite de l'usine Airbus de Toulouse.

"En fait, une des solutions pour avoir plus de croissance pourrait être la suivante : les coûts qui sont occasionnés par toutes les mesures de politique de réforme (...) ne devraient pas être pris en compte dans les critères de déficit", a ajouté le ministre social-démocrate dans une déclaration en allemand traduite en français par un interprète.

"C'est comme un marché à conclure, ceux qui sont décidés à réaliser des réformes, il faut leur donner un peu plus de temps pour les réaliser et ensuite correspondre aux critères de déficit", a-t-il poursuivi.

"Les deux choses doivent être obligatoires : d'une part les réformes à réaliser, de l'autre la chance de réaliser ces réformes. Cela va faire l'objet des discussions, des débats que nous allons mener dans le cadre de la réorganisation de la politique de la nouvelle Commission européenne."

Cette proposition a été bien accueillie par une source gouvernementale française, Paris étant à la peine pour tenir son engagement de réduction du déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2015, après 3,8% prévu fin 2014.

La France a déjà obtenu un délai de deux ans pour repasser sous la barre des 3% et les institutions internationales estiment qu'elle aura du mal à y parvenir.

Le gouvernement français a annoncé un programme d'économies de 50 milliards d'euros sur la période 2014-2017, en partie pour atteindre son objectif en matière de déficits, mais est confronté à une croissance plate au premier trimestre.

Le pacte de responsabilité, qui cumule baisses de charges et d'impôts pour les entreprises, est considéré comme une réforme structurelle par les autorités européennes et a été salué par l'Allemagne.

Le Fonds monétaire international a estimé la semaine dernière que l'Union européenne devrait privilégier la réduction de la dette publique de ses Etats membres.

Plusieurs pays, parmi lesquels l'Italie, l'un des plus endettés de l'UE, souhaitent obtenir de Bruxelles un assouplissement de la discipline budgétaire pour les Etats membres qui entreprennent des réformes économiques, en arguant du fait qu'une croissance plus forte réduit mécaniquement le poids de la dette.

(Chris Bockman et Julie Rimbert, édité par Yves Clarisse)

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  • jyth01 le lundi 16 juin 2014 à 16:50

    Monte-et-bourre n'a pas compris le piège. Très fort notre ministre des finances Sigmar. Tous les pays, sauf la france qui n'a engagé aucune réforme, verront leur déficit publice s'améliorer nettement. On ne peut pas avoir l'administration la plus c-on et pléthorique du monde, et avoir des ministres intelligents!

  • M6437502 le lundi 16 juin 2014 à 16:35

    Les réformes structurelles? Mais quelles réformes? Les élus sont toujours plus nombreux et coûtent de plus en plus cher. L'invasion de toute la misère du monde ne fait qu'augmenter. Les casseurs d'entreprises sont toujours aussi actifs...Alors ?N'est-il pas normal que les déficits ne puissent être résorbés?

  • vnetter le lundi 16 juin 2014 à 16:22

    On pourrait aussi enlever la défense, les dépenses pour le sida, la culture, les soins aux prématurés, les prisons, la police, les ambassades et les retraites des militaires !Non, un déficit reste un déficit, quelque en soit le contenu.Par contre, rien n'interdirait de dire que, à certaines (assez courtes) périodes, 4 % serait une norme de bonne gouvernance budgétaire, au lieu de 3 %, et pas forcément tous les Etats en même temps.

  • M3748275 le lundi 16 juin 2014 à 16:17

    Il a raison! les reformes structurelles sont financees avec des coquillages... preleves aux nombreux Francais qui en font collection !

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