Siemens va lancer un plan d'économies, l'emploi touché

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SIEMENS VA SUPPRIMER DES EMPLOIS ET RÉDUIRE SES COÛTS
SIEMENS VA SUPPRIMER DES EMPLOIS ET RÉDUIRE SES COÛTS

par Maria Sheahan

FRANCFORT (Reuters) - Siemens a confirmé jeudi qu'il devra supprimer des emplois et réduire ses coûts de production pour faire face à la concurrence, après une année 2012 qui s'annonce plus mauvaise que prévu pour le groupe.

"En tant que leader, nous voulons faire mieux que nos concurrents. Nous ne voulons pas nous contenter d'évoluer dans le ventre mou du secteur", a déclaré dans un communiqué Peter Löscher, le président du directoire du conglomérat industriel allemand.

Peter Löscher a fait cette déclaration à l'issue d'une réunion en interne rassemblant quelque 600 cadres du groupe à Berlin, au cours de laquelle il a exposé les grandes lignes d'un plan d'économies rendu nécessaire par la baisse des profits du groupe, directement liée au ralentissement économique.

Les analystes avaient anticipé cette cure d'austérité et prévoient la suppression de plusieurs milliers d'emplois ainsi qu'entre deux et quatre milliards d'euros de mesures d'économies.

Lors de cette réunion, Peter Löscher a déclaré vouloir s'attaquer aux coûts de production trop élevés ou encore revoir les activités sous-performantes, mais n'a pas détaillé le montant des économies à réaliser, ni le nombre d'emplois qui seront supprimés.

En fin de séance, le titre Siemens cédait 1,68% à 76,74 euros alors que l'indice regroupant les valeurs industrielles européennes prenait 0,42%.

CESSIONS D'ACTIFS EN VUE

Ce plan est susceptible de signer l'échec de la stratégie de Peter Löscher, censée doper la croissance du groupe en misant sur les produits et les services d'économies d'énergie et d'infrastructures.

L'an dernier, Peter Löscher, arrivé à la tête du groupe en 2007, avait dit viser un chiffre d'affaires de 100 milliards d'euros dans quelques années, contre environ 76 milliards en 2010.

Les derniers résultats trimestriels, présentés fin juillet, ont en fait été marqués par une chute des marges et surtout par une baisse plus marquée qu'attendu des commandes de Siemens, première capitalisation boursière d'Allemagne, qui est l'un des principaux employeurs du pays.

"Il est devenu clair que l'écart de marges entre Siemens et ses concurrents s'est de nouveau creusé", estime Michael Hagmann, analyste de HSBC.

Peter Löscher assure que sa stratégie reste valide mais que sa mise en oeuvre prendra plus de temps que prévu initialement.

Le plan d'économies attendu pourrait viser à réduire l'écart qui sépare les activités phares de Siemens des divisions les moins performantes, comme l'éolien et le solaire ou la branche "Infrastructures & Villes", et il pourrait conduire le groupe à céder certains de ses actifs.

Siemens pourrait aussi réduire sa présence dans certains des 190 pays où il est implanté, pour se concentrer sur les implantations les plus rentables.

EN RETARD DANS LA RÉDUCTION DES COÛTS

Le plan détaillé ne sera rendu public que lors de la présentation des résultats du groupe, le 8 novembre.

Ceux-ci devraient montrer une nouvelle baisse de la marge brute à 27,6%, ce qui serait son plus bas niveau depuis deux ans, et un ralentissement de la croissance du chiffre d'affaires à 4%.

Fin juin, Siemens employait 410.000 personnes, dont 129.000 en Allemagne.

Le groupe est encore numéro un mondial sur certains de ses principaux segments d'activités, comme les logiciels d'automatisation industrielle, ou les technologies d'imagerie médicale IRM. "Mais les concurrents de Siemens ont été bien plus actifs en matière d'objectifs affichés de réduction des coûts", notent les analystes de Credit Suisse.

Le français Schneider Electric et le suisse ABB ont déjà mis en application d'importantes réductions des coûts et Philips Electronics a annoncé le mois dernier 2.200 suppressions de postes en plus des 4.500 prévues en octobre dernier.

Siemens, lui, a cédé ces dernières années certaines de ses divisions, comme VDO dans les équipements automobiles ou SIS dans les services informatiques, et il prévoit de scinder sa filiale d'éclairage Osram l'an prochain.

Mais les analystes s'attendent à ce qu'il aille encore plus loin, certains évoquant une nouvelle mise en vente de l'activité de prothèses auditives, après une première tentative ratée en 2010.

Parallèlement, le groupe devrait continuer d'investir dans des domaines en croissance comme les turbines à gaz, y compris en se lançant dans des acquisitions. Des sources ont ainsi récemment déclaré que Siemens était favori pour le rachat d'AnsaldoEnergia, filiale de l'italien Finmeccanica.

Marc Angrand et Catherine Monin pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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