Siemens prépare une offre formelle pour Alstom

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SIEMENS PRÉPARE UNE OFFRE FORMELLE POUR ALSTOM
SIEMENS PRÉPARE UNE OFFRE FORMELLE POUR ALSTOM

par Arno Schuetze et Jens Hack

FRANCFORT/MUNICH (Reuters) - Siemens est en train de préparer une offre formelle à soumettre à Alstom qui prévoirait un transfert au groupe français de ses activités ferroviaires et le paiement de moins de sept milliards d'euros en numéraire en échange de la majeure partie ses activités dans l'énergie, a-t-on appris de plusieurs sources proches du groupe allemand.

Les sources, qui ont requis l'anonymat, ont déclaré à Reuters que l'offre envisagée était fondée sur une valorisation des activités d'énergie d'Alstom légèrement supérieure à celle retenue par l'américain General Electric.

Mais la part de numéraire dans la proposition de Siemens ne devrait être que légèrement supérieure à 50% du montant offert par GE.

"La valorisation de chacun des différents éléments a été faite mais en fonction des leviers sur lesquels on appuie, on aboutit à des chiffres différents pour la composante en cash de l'offre de Siemens", a dit l'une des sources, ajoutant que cette composante serait de toute façon inférieure à sept milliards d'euros.

Une autre source a confirmé que la part de numéraire proposée par Siemens se situerait en dessous de ce seuil.

Ce choix prendrait en compte le fait que Siemens céderait la totalité de ses activités ferroviaires à Alstom, ce qui permettrait au gouvernement français de se féliciter de la création d'un "champion européen" du rail.

Il découlerait aussi de la décision de Siemens d'exclure de son offre certaines activités d'Alstom dans l'énergie, à savoir les turbines pour centrales nucléaires, les éoliennes et les activités dans les réseaux d'électricité (Transmission & Distribution ou T&D).

Siemens et Alstom ont refusé de commenter ces informations.

L'allemand concrétiserait ainsi son intention de rivaliser avec l'offre en numéraire de 12,35 milliards d'euros déposée par l'américain General Electric, qui porte de son côté sur l'ensemble des actifs de la branche énergie d'Alstom regroupant notamment les turbines pour centrales électriques et les éoliennes.

PLUSIEURS OBSTACLES POTENTIELS

Alstom a dévoilé fin avril un projet de cession à General Electric (GE) de son pôle énergie mais, sous la pression du gouvernement, il s'est donné du temps pour examiner en profondeur l'offre du conglomérat industriel américain et n'a pas exclu d'examiner d'autres propositions non sollicitées.

GE a annoncé jeudi qu'il accordait un délai de trois semaines supplémentaires au groupe français pour étudier ses propositions.

Siemens pourrait quant à lui présenter dès mercredi son offre à Alstom mais l'une des sources a déclaré que l'allemand n'excluait pas de s'accorder un délai supplémentaire après le report de l'échéance fixée par GE.

Selon l'une des sources, le conseil d'Alstom risque de ne pas apprécier le montant de l'offre de Siemens - hors actifs ferroviaires - s'il est inférieur à celui de GE, ni le projet du groupe allemand de laisser de côté certaines activités du pôle énergie.

"Ce n'est pas la peine qu'il fassent une offre s'ils n'apportent pas les garanties sur les questions de concurrence", ajoute cette source, pour qui les activités énergie d'Alstom et celles de Siemens présentent d'importants risques de doublons et de position dominante au regard du droit européen.

Le projet de Siemens de séparer les turbines pour centrales nucléaires des turbines non-nucléaires pourrait aussi susciter des critiques, d'autant que l'ensemble de ces activités sont aujourd'hui regroupées sur le même site.

Concernant T&D, des sources ont expliqué que Siemens craignait qu'une acquisition des activités d'Alstom dans ce domaine ne soulève d'énormes obstacles réglementaires, le groupe allemand ayant déjà une position dominante sur ce marché.

Une source a dit que Siemens souhaitait conserver le contrôle d'une éventuelle coentreprise avec Alstom dans la signalisation ferroviaire, ce qui pourrait être un autre point de désaccord avec le français.

Plusieurs sources ont précisé que l'offre intégrait une déduction de jusqu'à 800 millions d'euros pour couvrir les risques liés aux enquêtes en cours aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil sur les pratiques commerciales d'Alstom.

(avec Sophie Sassard à Londres et Benjamin Mallet à Paris, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • rodan3 le mercredi 28 mai 2014 à 16:18

    rhô là là .... t'en sais des choses toi ...!!

  • NYORKER le lundi 26 mai 2014 à 19:31

    L'affaire va capoter et ni Ge ni Siemens vont acheter quoi que ce soit à Alstom !!! MERCI QUI ??? MERCI BONNEBOURG