Siemens poursuit sa mutation malgré les "vents contraires"

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Joe Kaeser, patron de Siemens, lors de la conférence de presse de présentation des résultats, à Munich, le 10 novembre 2016 ( AFP / CHRISTOF STACHE )
Joe Kaeser, patron de Siemens, lors de la conférence de presse de présentation des résultats, à Munich, le 10 novembre 2016 ( AFP / CHRISTOF STACHE )

Siemens a prospéré davantage que prévu en 2016, mais a prévenu jeudi qu'il serait freiné en 2017 par des "vents contraires" économiques, tandis que l'industriel allemand poursuit en parallèle sa mutation avec la mise en Bourse prévue de son activité d'équipements médicaux.

C'est à l'avenir principalement sur l'industrie, le transport et l'énergie que le fabricant de turbines, d'éoliennes ou de trains veut se concentrer. Dans une nouvelle étape de sa vaste réorganisation entamée il y a plusieurs années, Siemens veut mettre en Bourse son importante et rentable activité d'équipements médicaux Siemens Healthineers.

Guère compatible avec les autres activités de Siemens, ce fabricant de matériel d'imagerie médicale, de diagnostic de laboratoire ou de système d'information pour le secteur médical, s'était déjà vu attribuée une organisation propre au sein du groupe depuis 2014.

Maintenant "nous voulons donner à Healthineers encore plus de flexibilité et de force pour mettre en œuvre ses projets de croissance", a expliqué le patron de Siemens, Joe Kaeser, lors d'une conférence de presse à Munich, retransmise sur internet.

Ni le calendrier ni l'ampleur de la mise en Bourse de cette activité employant quelque 45.000 personnes et générant environ 13 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel n'ont pour le moment été précisés. Siemens a par ailleurs prévenu que son déroulé dépendrait de l'évolution des marchés boursiers.

Siemens veut mettre en Bourse son importante et rentable activité d'équipements médicaux Siemens He
Siemens veut mettre en Bourse son importante et rentable activité d'équipements médicaux Siemens Healthineers ( AFP/Archives / CHRISTOF STACHE )

Si ce projet de mise en Bourse n'a pas grandement surpris les analystes, il est "apprécié" notamment par les analystes de la Société générale et vu comme quelque chose de "positif" par ceux de Deutsche Bank. Cela se ressentait clairement à la Bourse de Francfort, où l'action Siemens grimpait de 4,83% à 109,55 euros à 10H50 GMT.

Siemens avait déjà opté pour la stratégie de la mise en Bourse en 2013 pour sa filiale d'ampoules électriques Osram. Il n'en détient plus aujourd'hui que 17% et ne serait pas opposé à en sortir complètement. Le scénario serait différent pour Healthineers, puisque selon l'agence Bloomberg News, Siemens souhaiterait cette fois rester actionnaire majoritaire.

Affaibli par une rentabilité en berne ces dernières années, qui avait précipité le renvoi de son ancien patron à l'été 2013, Siemens a depuis décidé de faire le tri dans ses activités devenues au fil des ans extrêmement diverses.

Cela s'est traduit par des cessions (électroménager, réseaux télécoms), des abandons (énergie solaire) ou des mises en Bourse (Osram), le tout accompagné de plans sociaux et d'économies diverses.

En parallèle, le groupe a fait des rachats dans des domaines jugés porteurs, comme les équipements pour l'exploitation pétrolière et gazière, avec l'acquisition de l'américain Dresser-Rand, les turbines ou les éoliennes, avec la fusion récente avec l'espagnol Gamesa. Mais il a échoué à reprendre Alstom, passé aux mains de General Electric.

- Croissance modeste -

Cette refonte se fait d'autant plus nécessaire que sur nombre de ses marchés, Siemens est confronté à une conjoncture économique difficile.

"Nous continuons de prévoir des vents contraires pour la croissance macroéconomique et les investissements sur nos marchés à cause d'un environnement géopolitique complexe", a prévenu Joe Kaeser.

Joe Kaeser, patron de l'indusriel allemand Siemens, lors de la conférence de presse de présentation des r&
Joe Kaeser, patron de l'indusriel allemand Siemens, lors de la conférence de presse de présentation des résultats du groupe, à Munich, le 10 novembre 2016 ( AFP / CHRISTOF STACHE )

Cela a pour conséquence que pour son exercice annuel 2016/2017, ayant commencé début octobre, Siemens table pour l'heure sur une "croissance modeste" de ses revenus (à changes et périmètre constants).

La marge de son activité industrielle, la principale, devrait s'élever entre 10,5% et 11,5%, contre 10,8% lors de l'exercice 2015/2016 qui vient de s'achever, et un bénéfice par action entre 6,80 euros à 7,20 euros, contre 6,74 euros l'année précédente.

Mais le patron de Siemens se montre généralement prudent dans ses prévisions de début d'exercice. Cela lui permet de réserver de bonnes surprises à la fin, comme c'est le cas pour l'exercice 2015/16, le "meilleur" de l'histoire du groupe, avec notamment une hausse de 5% du chiffre d'affaires (79,6 milliards d'euros) et des entrées de commandes (86,5 milliards d'euros).

Le bénéfice net part du groupe a lui baissé de 25% à 5,45 milliards d'euros, mais cela est dû aux 3 milliards d'euros de gains de cessions enregistrés un an plus tôt. Sur le seul quatrième trimestre, il a au contraire grimpé de quelque 20%.

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