Siemens porte à 6 milliards d'euros son objectif d'économies

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SIEMENS VEUT ÉCONOMISER SIX MILLIARDS D'EUROS D'ICI 2014
SIEMENS VEUT ÉCONOMISER SIX MILLIARDS D'EUROS D'ICI 2014

par Maria Sheahan

BERLIN (Reuters) - Siemens veut économiser six milliards d'euros d'ici la fin de l'exercice fiscal 2014, soit plus qu'on ne le pensait, le conglomérat industriel allemand s'employant à rester compétitif dans une conjoncture économique internationale déprimée.

Les analystes s'attendaient à ce que le groupe munichois, première capitalisation de la Bourse de Francfort, prenne des mesures pour réduire ses coûts de deux à quatre milliards d'euros dans les deux années à venir, tout en se recentrant sur ses activités les plus rentables.

Siemens, qui a publié jeudi des trimestriels un peu meilleurs que prévu, n'a pas dit combien d'emplois seraient supprimé dans le cadre de ce programme de productivité.

"Nous savons ce que nous avons à faire et nous nous y employons", écrit le président du directoire, Peter Löscher, dans un communiqué.

Mais son directeur financier a précisé qu'il avait déjà provisionné plus de cent millions d'euros au titre des indemnités de départ.

Peter Löscher avait établi l'an passé des objectifs de croissance ambitieux, déclarant qu'il anticipait une croissance du chiffre d'affaires annuel d'un tiers environ à 100 milliards d'euros en l'espace de quelques années.

Mais la croissance n'a pas suivi le rythme des investissements et la concurrence - ABB ou encore Philips - a pris de l'avance sur Siemens en matière de réduction des coûts.

ABB a réalisé une réduction des coûts de 1,1 milliard de dollars en 2011 et projette un milliard de plus cette année, tandis que Philips a dit en octobre vouloir réduire ses frais généraux de 1,1 milliard d'euros.

ACQUISITIONS ET CESSIONS

Au cours du quatrième trimestre de son exercice fiscal (juillet-septembre), Siemens a vu son bénéfice net diminuer de 2% à 1,48 milliard d'euros, en prenant en compte une charge de 327 millions d'euros sur ses activités pétrolières et gazières, affectées par l'embargo sur l'Iran.

Les analystes anticipaient un bénéfice net de 1,34 milliard et le dépassement de ce consensus s'explique notamment par le fait que les filiales solaires déficitaires mises en vente après la fin du trimestre étaient déjà comptabilisées comme "opérations non poursuivies".

Une hausse des résultats de la branche santé en Asie et en Amérique a également contribué à soutenir le profit.

Siemens a précisé vouloir porter à 12% au moins la marge opérationnelle de ses quatre grandes divisions contre 9,5% l'an passé, et ce par le biais d'acquisitions et de cessions.

Pour améliorer sa rentabilité, Siemens a annoncé jeudi l'achat du groupe belge de logiciels et services pour l'industrie LMS International, pour 680 millions d'euros, et la vente de ses actifs dans l'eau, qui représentent un chiffre d'affaires annuel de l'ordre d'un milliard d'euros.

Le conglomérat avait déjà dit qu'il vendrait ses actifs dans le solaire et se retirerait du programme Desertec d'énergie renouvelable.

Il a par ailleurs souligné qu'il projetait un bénéfice net tiré des opérations poursuivies de 4,5 à 5 milliards d'euros sur l'exercice fiscal à septembre 2013, contre 5,18 milliards sur celui qui vient de s'achever.

Ce recul serait imputable à l'impact du programme d'économies et d'une modification de la méthode comptable.

L'action gagnait 4,34% à 82,27 euros à 9h06 GMT, la plus forte hausse de l'indice EuroStoxx 50, qui prenait 0,75%.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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