Siemens manque le consensus et change de président

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SIEMENS RATE LE CONSENSUS
SIEMENS RATE LE CONSENSUS

par Maria Sheahan

FRANCFORT (Reuters) - Le conglomérat industriel Siemens a annoncé mercredi la nomination de son directeur financier Joe Kaeser à la présidence du directoire, délaissée par Peter Löscher quatre ans avant la fin de son contrat et une semaine après le deuxième avertissement sur résultats de l'année du groupe.

Cette annonce a coïncidé avec la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes, ce qui se traduit par une baisse de 0,48% à 80,24 euros du titre à la Bourse de Francfort dans l'après-midi alors que l'indice regroupant les valeurs industrielles européennes était stable.

Peter Löscher s'était engagé à faire en sorte que Siemens, dont la production va des turbines à gaz aux trains à grande vitesse en passant par les équipements médicaux, connaisse une croissance plus forte que ses principaux rivaux - ABB, General Electric ou encore Philips.

Mais la rentabilité de l'entreprise a été handicapée par des acquisitions ratées, des charges pour des reports de grands projets et l'accent mis sur la hausse des ventes.

Jeudi dernier, Siemens a pris les investisseurs de court en annonçant renoncer à son objectif de marge pour 2014, ce qui a été la goutte qui a fait déborder le vase pour les membres du conseil du surveillance, qui se sont en majorité prononcés pour l'éviction de Peter Löscher.

En Bourse, le titre Siemens avait dévissé de près de 6% à la suite de l'abandon de l'objectif. Depuis le début de l'année, le titre fait du surplace alors que l'indice Dax de la Bourse de Francfort, dont le conglomérat est la deuxième plus grosse capitalisation, a gagné plus de 8% sur la période.

Joe Kaeser, qui prendra ses fonctions dès jeudi, a une réputation d'homme pragmatique après 33 années passées chez Siemens, dont les sept dernières en tant que directeur financier.

LE MEILLEUR CHOIX

"À nos yeux, Joe Kaeser est le meilleur choix au vu de la situation. Sa tâche la plus urgente consistera à convaincre la salariés de Siemens que, plus que jamais, une restructuration radicale (...) est nécessaire", a estimé Christoph Niesel, gérant de fonds chez Union Investment.

Lors d'une conférence de presse, Joe Kaeser a déclaré que sa priorité n'était pas d'atteindre un objectif de marge spécifique mais d'apaiser l'entreprise et de la remettre en ordre de marche.

Peter Löscher, qui conservera un poste de conseiller jusqu'au 30 septembre, avait annoncé début novembre un plan visant à permettre six milliards d'euros d'économies d'ici la fin de l'exercice fiscal 2014.

Sur la période avril-juin, troisième trimestre de l'exercice fiscal 2013, le bénéfice des "secteurs" - qui agglomère les résultats des quatre principales divisions du groupe bavarois - a baissé de 31% à 1,26 milliard d'euros, alors que le consensus Reuters donnait 1,41 milliard.

La marge opérationnelle est revenue à 6,5%, contre 9,2% il y a un an, sous le coup de charges liées à la fois au programme d'économies et à des projets dans l'éolien et le ferroviaire.

"Nous avons été trop préoccupés par nous-mêmes ces derniers temps et avons perdu un peu de notre dynamique bénéficiaire par rapport à nos concurrents", a admis Joe Kaeser mercredi.

Il s'est engagé à remettre Siemens sur un "pied d'égalité" avec ses concurrents, ajoutant qu'il mettrait sur pied une équipe en mesure d'affiner le programme d'économies du groupe et de dresser des perspectives à moyen terme d'ici l'automne.

Des géants industriels comme Siemens ont pâti du ralentissement économique mondial et certains redoutent, au vu de la croissance qui patine en Chine, qu'une reprise n'est guère susceptible d'intervenir avant 2014.

Peter Löscher a été critiqué pour n'avoir pas réagi assez vite à l'évolution de la conjoncture mondiale.

Certains concurrents de Siemens semblent en outre en avoir moins pâti, comme General Electric, qui a annoncé il y a peu une hausse surprise de son carnet de commandes pour des locomotives, des appareils radiographiques et quantité d'autres produits.

De son côté, Philips a également fait état d'une demande soutenue pour sa gamme d'équipements médicaux.

Wilfrid Exbrayat et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison

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  • gvigner3 le mercredi 31 juil 2013 à 16:38

    Mais l' action monte et Alstom chute de nouveau!!