Siemens et MHI relèvent leur offre en numéraire sur Alstom

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SIEMENS ET MHI RELÈVENT LEUR OFFRE EN CASH SUR ALSTOM
SIEMENS ET MHI RELÈVENT LEUR OFFRE EN CASH SUR ALSTOM

par Benjamin Mallet et Maria Sheahan

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Siemens et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ont annoncé vendredi avoir relevé de 1,2 milliard d'euros la partie en numéraire de leur offre sur la branche énergie d'Alstom pour l'emporter sur leur rival américain General Electric (GE), qui a lui-même revu sa proposition la veille.

Le chef de l'Etat, François Hollande, doit recevoir successivement des dirigeants de GE et du tandem germano-nippon à partir de 14h00 après une réunion interministérielle organisée dans la matinée pour analyser les deux offres en présence.

Le conseil d'administration d'Alstom a quant à lui prévu de se réunir d'ici à lundi pour statuer sur les deux offres.

Dans le cadre de sa nouvelle proposition commune avec Siemens, MHI prendrait 40% d'une entité unique regroupant les turbines à vapeur du français, les équipements pour les réseaux et l'activité hydroélectrique, alors qu'il prévoyait auparavant de détenir entre 20% et 40% de coentreprises créées dans chacune de ces trois activités.

La composante en cash apportée par MHI augmenterait ainsi de 800 millions d'euros à 3,9 milliards, comme indiqué la veille par Reuters, la valeur d'entreprise de ces actifs restant néanmoins au total identique par rapport à l'offre présentée le 16 juin.

Son partenaire Siemens relève de son côté de 400 millions d'euros la partie de cash de son offre de reprise de l'intégralité des turbines à gaz et des contrats de services associés d'Alstom, la portant ainsi à 4,3 milliards.

Cette offre valorise à 14,6 milliards les actifs énergie d'Alstom, a précisé Siemens-MHI dans un communiqué.

Siemens propose également de créer "immédiatement" avec Alstom une coentreprise dans le ferroviaire, qui regrouperait notamment les activités de signalisation des deux sociétés.

Il visait auparavant une alliance globale avec le français dans ce secteur qui inclurait l'apport de son propre matériel roulant et serait traitée dans un second temps, une fois réalisée le rachat de certains actifs de la branche énergie.

GE S'EST LUI AUSSI INSCRIT DANS UNE LOGIQUE DE PARTENARIAT

Siemens et MHI sont aussi ouverts à l'idée d'une entrée de l'Etat français au capital d'Alstom si leur offre de reprise de la branche énergie est retenue, a précisé vendredi le président du directoire du groupe allemand, Joe Kaeser, ajoutant toutefois que cette éventualité n'était pas en discussion pour l'instant.

MHI avait annoncé en début de semaine qu'il était prêt à racheter jusqu'à 10% d'Alstom auprès de Bouygues (29,3% du capital), une opération qui pourrait s'accompagner d'une prise de participation de l'Etat français.

GE a de son côté proposé jeudi de créer plusieurs coentreprises avec Alstom, ce qui l'a conduit à revoir à la baisse le montant de 16,9 milliards de dollars (12,4 milliards d'euros) qu'il prévoyait de verser en numéraire.

Le groupe a précisé que sa nouvelle proposition avait été approuvée par Alstom, avec qui il avait annoncé fin avril un premier accord toutefois contrarié par une contre-offensive de Siemens encouragée par Paris.

L'entourage d'Alstom et le PDG du groupe lui-même ont souligné ces derniers jours les questions soulevées par l'offre du tandem Siemens-MHI, jugée moins engageante et probablement plus risquée dans sa mise en oeuvre que celle de GE.

Le gouvernement français a cherché à faire monter les enchères pour Alstom afin d'obtenir un maximum d'engagements de la part des candidats au rachat des actifs du groupe dans l'énergie, se dotant même d'une nouvelle arme juridique pour obliger tout acquéreur à lui demander son autorisation.

VALLS SALUE L'ACTION DE MONTEBOURG

Le Premier ministre Manuel Valls, tout en rendant hommage à l'action du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg sur ce dossier, a estimé vendredi que l'intervention du gouvernement et du chef de l'Etat avaient été payantes.

"Je constate que les offres de ces deux groupes ne cessent de s'améliorer. Nous avons encore aujourd'hui des réunions pour prendre progressivement cette décision en lien évidemment avec Alstom puisque c'est à l'entreprise in fine de décider", a-t-il déclaré sur France Inter.

Michel Sapin, le ministre des Finances, a de son côté relevé jeudi que "les dernières propositions de GE amélior(aient) considérablement l'offre qu'ils avaient faite".

"Vous avez remarqué que le gouvernement a eu raison d'intervenir dans cette affaire", a-t-il ajouté.

Vers 11h20, l'action Alstom gagnait 0,99% à 27,975 euros, deuxième plus forte hausse d'un CAC 40 quasi stable (+0.03%).

"Les offres s'enchaînent à une vitesse folle et le gouvernement pourra au moins se prévaloir d'avoir réussi à faire monter les enchères, même si les propositions sont complexes et de plus en plus difficiles à décrypter", a estimé dans une note Aurel BGC.

"La dernière proposition de GE, plus complète d'un point de vue industrie que celle de MHI-Siemens, semble bien positionnée (...) Mais la rapidité de MHI-Siemens à dévoiler une contre-proposition montre que la partie sera rude", a ajouté l'intermédiaire.

(Avec Jean-Michel Bélot, Elizabeth Pineau, Marc Angrand et Alexandre Boksenbaum-Granier à Paris, édité par Jean-Michel Bélot)

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