Siemens annonce un résultat décevant au 2e trimestre

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HAUSSE DE 16% DU BÉNÉFICE OPÉRATIONNEL DE SIEMENS AU 2E TRIMESTRE
HAUSSE DE 16% DU BÉNÉFICE OPÉRATIONNEL DE SIEMENS AU 2E TRIMESTRE

par Noah Barkin

BERLIN (Reuters) - Siemens n'entend pas se faire forcer la main pour soumettre une offre sur les actifs énergétiques d'Alstom, après avoir dévoilé mardi soir un plan stratégique très attendu afin de faire jeu égal avec ses concurrents plus rentables.

Le président du directoire Joe Kaeser préparait cette restructuration depuis sa prise de pouvoir l'été dernier, à la suite de l'éviction de son prédécesseur Peter Löscher consécutive à plusieurs avertissements sur les résultats.

Avant qu'il ne présente ses projets sur le site historique "Siemensstadt" de Berlin, le conglomérat a publié mercredi un bénéfice plus faible que prévu au deuxième trimestre, en raison de charges dans le segment énergie, ainsi qu'une série d'accords de moindre ampleur.

Siemens a confirmé mardi soir le rachat des activités d'énergie de Rolls Royce pour un montant d'environ 950 millions d'euros.

Il a également transféré une participation majoritaire de sa filiale autrichienne de métaux au japonais Mitsubishi Heavy Industries avec lequel il a noué un accord de coentreprise dans le fer, l'acier et l'aluminium, la nouvelle entité devenant opérationnelle à partir de janvier 2015.

La réorganisation dite "Vision 2020" prévoit une structure segmentée en neuf divisions au lieu de 16, tandis que les activités de santé seront gérées séparément et celle des prothèses auditives sera introduite en Bourse.

"Le point principal est de saisir l'ampleur et l'intention définitive de cette séparation de la santé", a dit Ben Uglow, analyste de Morgan Stanley. "Même si ce n'est pas en soi une véritable scission légale, ça en prend pourtant le chemin".

Interrogé sur l'avenir de la branche santé, Kaeser a vanté ses performances et bien précisé qu'une scission n'était pas à l'ordre du jour à court terme.

Siemens veut ainsi se recentrer sur l'électrique, le numérique et l'automatisation pour aider les entreprises industrielles à produire avec plus d'efficacité. Ce recentrage est censé déboucher sur des gains de productivité d'un milliard d'euros par an, ressentis pleinement à partir de la fin de l'exercice fiscal 2016.

L'action Siemens, qui avait ouvert en légère baisse, a très vite remonté et, avec un gain de 2,1% à 96 euros, représentait en fin de matinée la plus forte hausse de l'indice EuroStoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro. L'indice des industrielles européennes perdait 0,14% dans le même temps, tandis que l'indice Dax de la Bourse de Francfort prenait 0,17%.

L'action Siemens a franchi la barre des 100 euros cette année, pour la première fois en six ans. Mais, selon des données Reuters, elle se traite encore avec une décote de 7,3% sur ses homologues européennes sur une base valeur d'entreprise/Ebitda à 12 mois.

RESTAURER LA FIERTÉ

La refonte de l'organigramme intervient alors que le groupe allemand est actuellement engagé dans un bras de fer avec son concurrent américain General Electric pour racheter les activités d'énergie d'Alstom.

Paris reste sceptique vis-à-vis des intentions de GE et a encouragé Siemens à entrer en scène même si son offensive sur Alstom dix ans auparavant, alors que le groupe français était sous perfusion de l'Etat, n'a pas vraiment laissé de bons souvenirs.

Joe Kaeser a dit qu'il avait discuté des risques et des avantages d'une offre avec la chancelière Angela Merkel, elle-même plutôt favorable à une opération franco-allemande.

Mais il a bien insisté sur le fait que Siemens ne se laisserait pas forcer la main. "Nous avons l'occasion d'examiner les actifs pendant quatre semaines; alors nous prendrons une décision", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne perdrait pas de temps avec Alstom si ses intentions n'étaient pas sérieuses.

Sous la présidence de Peter Löscher, Siemens avait poursuivi une croissance externe agressive, alourdissant sa structure d'activités multiples et variées.

Joe Kaeser, qui occupait la direction financière avant d'accéder à la présidence du directoire, veut restaurer un sentiment de fierté au sein d'un groupe distancé par des concurrents tels que GE et Philips pour ce qui est de l'innovation et de la rentabilité.

Siemens a publié pour 2013 une marge d'Ebitda de 10,5%, alors que le suisse ABB dégageait 14,8% et GE 18,9%, selon des données de Thomson Reuters.

Symboliquement, Kaeser a choisi de faire sa présentation au sein du complexe industriel historique "Siemensstadt" de Berlin, qui abritait le siège social entre les deux guerres mondiales.

Le bénéfice d'exploitation du deuxième trimestre clos au 31 mars est ressorti à 1,57 milliard d'euros, en hausse de 16%, et le chiffre d'affaires à 17,45 milliards.

Les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice opérationnel de 1,7 milliard et un chiffre d'affaires de 18,1 milliards, selon le consensus établi par Reuters.

Le bénéfice de la branche énergie a chuté de 54% à 255 millions d'euros, plombé par des charges de 310 millions liées à deux projets au Canada.

"Le deuxième trimestre a montré que nous avons encore beaucoup à faire pour améliorer notre performance opérationnelle", a dit Joe Kaeser. "Néanmoins, nous sommes sur les rails pour atteindre nos objectifs sur l'ensemble de l'exercice", a-t-il ajouté, confirmant l'objectif d'augmenter le bénéfice par action de 15% au moins durant l'exercice en cours.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • ssc38 le mercredi 7 mai 2014 à 13:24

    humm l'etat risque de regretter GE...et nous aussi

  • A4DF14 le mercredi 7 mai 2014 à 12:06

    l'idéal pour Siemens est de récupérer les marchés Alstom pour faire tourner ses usines et laisser le gouvernement français s'occuper des chômeurs car une entreprise licencie plus facilement les employés d'une entreprise reprise que les siens.Alors bonjour Siemens