Shinzo Abe remanie son gouvernement, cherche à amadouer Pékin

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* Les ministres-clefs conservent leurs postes * Des partisans du dialogue avec Pékin à la direction du PLD * Un "faucon" au ministère de la Défense * Les femmes occupent un tiers des nouveaux postes gouvernementaux (Edité tout du long) par Linda Sieg TOKYO, 3 septembre (Reuters) - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a remanié mercredi son gouvernement, faisant entrer un de ses rivaux mais conservant les ministres-clefs de son équipe, et cherché à amadouer la Chine en nommant deux partisans du dialogue avec Pékin à des postes importants de son Parti libéral-démocrate (PLD). Le chef du gouvernement, qui n'avait procédé à aucun remaniement depuis son retour au pouvoir en décembre 2012, cherche à resserrer les rangs du PLD au moment où il va devoir décider s'il maintient ou non une deuxième hausse de la TVA, prévue pour octobre 2015. Le premier relèvement en avril a provoqué une contraction de l'activité japonaise, la plus forte depuis le séisme et le tsunami de mars 2011. (voir ID:nL6N0QJ0UV ) Parmi les autres défis qui s'annoncent pour Shinzo Abe, l'amélioration des relations avec la Chine, malmenées par les contentieux territoriaux et les positions nationalistes du chef du gouvernement japonais. Le "faucon" Abe a ainsi nommé le modéré ministre de la Justice sortant Sadakazu Tanigaki, son prédécesseur à la tête du PLD, au poste-clé de secrétaire général du parti, le responsable de facto des campagnes électorales du PLD. Agé de 69 ans, Sadakazu Tanigaki préconise un réchauffement des liens avec Pékin, tout comme Toshihiro Nikai, 75 ans, un vieux routier du parlement, qui entretient des liens étroits avec la Chine et que Shinzo Abe a nommé à un autre poste important du parti. "C'est un signal fort adressé à la Chine", a commenté l'analyste politique Atsuo Ito. Shinzo Abe a déjà fait savoir par son entourage qu'il espérait rencontrer le président chinois Xi Jinping à l'occasion du forum économique Asie-Pacifique qui se tiendra en novembre prochain à Pékin. FÉMINISATION Au sein du gouvernement, le secrétaire général Yoshihide Suga reste en fonctions, de même que trois des principaux ministres du gouvernement: Taro Aso (Finances), Akira Amari (Economie) et Fumio Kishida (Affaires étrangères). L'ancien vice-ministre de la Défense Akinori Eto remplace le conservateur modéré Itsunori Onodera au poste de ministre de la Défense. Il sera également chargé d'une réforme de la sécurité nationale, alors qu'Abe cherche à assouplir les restrictions à l'engagement militaire japonais à l'étranger imposées par la constitution pacifiste de 1947. Peu connu, Akinori Eto est un proche du Premier ministre ouvertement favorable aux visites rendues par les responsables au sanctuaire shintoïste de Yasukuni, qui honore les morts japonais de la Seconde Guerre mondiale et que Pékin et Séoul considèrent comme un symbole de l'impérialisme militaire nippon. Le dernier pèlerinage de Shinzo Abe dans ce lieu controversé a aggravé la crise avec Pékin, mais le Premier ministre évite désormais de s'y rendre personnellement. Selon l'analyste Atsuo Ito, "Eto n'aura pas beaucoup d'influence" et la nomination de Tanigaki et Nikai à la direction du PLD est "un message plus fort". Yasuhisa Shiozaki, 63 ans, partisan d'une refonte du portefeuille du fonds de pension public GPIF en faveur des actions japonaises, a été choisi pour le portefeuille du Travail, de la Santé et des Affaires sociales, qui chapeaute le GPIF. La nouvelle équipe se féminise: les femmes représentent près du tiers du gouvernement, avec cinq postes sur dix-huit. Aucun gouvernement japonais n'avait connu une telle proportion de ministres femmes depuis celui de Junichiro Koizumi en 2001. Yuko Obuchi, 40 ans, fille d'un ancien Premier ministre, prend le ministère du Commerce et de l'Industrie et Sanae Takaichi, 53 ans, ancienne ministre pour l'Egalité des sexes dans le premier gouvernement Abe en 2006, est nommée ministre des Affaires intérieures et de la Communication. Le Premier ministre a fait de la féminisation de la main d'oeuvre l'un des axes de sa stratégie de croissance, baptisée "Abenomics". VOIR AUSSI: Japon-Les "Abenomics" à la peine, les défis s'accumulent ID:nL5N0R34D9 (Avec Elaine Lies; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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