Shimon Pérès, l'ancien président et premier ministre israélien, est mort

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Shimon Pérès, alors premier ministre israélien, le 15 juillet 1986.
Shimon Pérès, alors premier ministre israélien, le 15 juillet 1986.

L’état du prix Nobel de la paix s’était aggravé mardi, deux semaines après un accident vasculaire cérébral. Il avait 93 ans.

De tous les responsables de son pays, il était à la fois le plus ancien et le moins israélien. Longtemps mal-aimé parmi les siens, toujours prêts à moquer son inaptitude persistante au suffrage universel, et pourtant sans conteste meilleur commis voyageur d’Israël. Cultivé, épris de littérature, parfois visionnaire, et en même temps sinueux, âpre avec ses adversaires comme avec ses alliés, et comme incapable surtout de résister à l’attrait du pouvoir.

De par ses choix et sa vie, Shimon Pérès, mort le mercredi 28 septembre à 93 ans, dix-huit fois ministre ou premier ministre, campait à l’opposé des canons du héros israélien. Il demeurait une sorte d’animal politique hybride – façonné entre shtetl, le foyer juif d’Europe centrale, et Yichouv, la destination des premières alyas, en Palestine mandataire –, et donc bien éloigné de ses contemporains, qu’il s’agisse de Yitzhak Rabin ou d’Ariel Sharon.

Car au commencement, Shimon Persky n’est pas un sabra. Fils d’un négociant en bois, il est né le 2 août 1923 à Vichneva, en Pologne (Biélorussie actuelle). Un millier d’habitants juifs, des isbas en bois disséminées le long de la route, pas d’électricité. Le grand-père maternel, très religieux, est le chef de la communauté. Le futur président racontera, dans un livre d’entretiens avec Robert Littell (Conversations avec Shimon Pérès, Denoël, 1997), qu’il respirait longuement les papiers emballant les oranges, arrivées en provenance d’Israël, cette terre inconnue mais si proche, fant...

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