Shell sera nettement en dessous de ses prévisions au 4e trimestre

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SHELL LANCE UN AVERTISSEMENT SUR SES RÉSULTATS
SHELL LANCE UN AVERTISSEMENT SUR SES RÉSULTATS

par Kate Holton

LONDRES (Reuters) - Royal Dutch Shell a averti vendredi que ses résultats du quatrième trimestre seraient "nettement" inférieurs à ses prévisions initiales en raison de multiples imprévus qui augurent d'un début de mandat délicat pour le nouveau directeur général, Ben van Beurden.

Cet avertissement intervient près de 10 ans après le début du "scandale des réserves", lorsque la troisième compagnie pétrolière mondiale avait, à la surprise générale, revu en forte baisse ses réserves d'hydrocarbures.

Une semaine après un "warning" de l'américain Chevron, il illustre aussi les défis auxquels est confronté le secteur avec la difficulté de trouver de nouvelles réserves, la baisse des cours et la nécessité de maîtriser les coûts.

"Notre performance de 2013 n'a pas été celle que j'attendais", a dit Ben van Beurden, en poste depuis le début du mois.

Le résultat du quatrième trimestre 2013 sur la base des coûts de production actuels (CCS), hors éléments spécifiquement identifiés, devrait se situer autour de 2,9 milliards de dollars (2,13 milliards d'euros). Jusqu'à présent, le marché anticipait un bénéfice de l'ordre de quatre milliards de dollars.

Il faut remonter à 2009 pour retrouver un bénéfice trimestriel courant aussi bas. Depuis, le résultat courant avait atteint en moyenne 5,6 milliards par trimestre.

Pour les analystes financiers, Shell semble avoir souffert ces trois derniers mois d'une conjonction rare de facteurs défavorables incluant la dégradation des marges de raffinage, la hausse des coûts de production, des perturbations dans la production de certains gisements au Nigeria et la dépréciation du dollar australien.

RESSERREMENT DES COÛTS EN VUE

Ils ajoutent toutefois qu'après cet avertissement, Ben van Beurden a le champ libre pour détailler sa stratégie lors de la présentation des résultats trimestriels le 30 janvier et d'une réunion des cadres dirigeants en mars.

"Cela devrait mettre un point final a ce qui a bel et bien été une 'annus horribilis' pour Shell avec un objectif clé de production raté et une rentabilité plus faible que prévu en Amérique du Nord", explique Barclays dans une note.

Shell avait déjà raté le consensus au troisième trimestre, le bénéfice CCS hors exceptionnels étant ressorti à 4,5 milliards de dollars contre 6,6 milliards un an auparavant.

Un actionnaire basé en Grande-Bretagne, qui a requis l'anonymat, a déclaré ne pas être surpris par l'avertissement et ajouté qu'il ferait pression sur le nouveau directeur général afin qu'il renforce le contrôle des coûts.

"Cet avertissement constitue un rappel de l'importance des problèmes structurels qui se posent", a-t-il dit.

Le groupe souffre entre autre des difficultés de ses activités de gaz naturel liquéfié (GNL).

"Avec près de 20% de son portefeuille de GNL en arrêt pour maintenance, le dernier trimestre 2013 ne pouvait pas être bon pour Royal Dutch Shell", note ainsi Barclays, dont le titre reste sa faveur préférée pour 2014 en raison notamment de sa situation de trésorerie solide.

Shell est devenu un acteur de premier plan du marché du GNL sous la direction du prédécesseur de Ben van Beurden, Peter Voser. Mais le groupe a récemment abandonné un projet de construction d'une nouvelle usine de liquéfaction de gaz aux Etats-Unis, ce qui fait craindre à certains investisseurs un resserrement des coûts.

Ben van Beurden a accrédité cette hypothèse vendredi, déclarant: "Nos priorités seront l'amélioration des résultats financiers de Shell, une meilleure rentabilité des capitaux et la poursuite du renforcement de nos performances opérationnelles et de la mise en oeuvre de nos projets."

Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame

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