Shanghai, vitrine des réformes économiques chinoises

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SHANGHAI, VITRINE DES RÉFORMES ÉCONOMIQUES CHINOISES
SHANGHAI, VITRINE DES RÉFORMES ÉCONOMIQUES CHINOISES

SHANGHAI (Reuters) - La Chine a inauguré dimanche une nouvelle zone de libre-échange à Shanghai où elle entend expérimenter les réformes économiques les plus hardies depuis la libération économique entreprise par Deng Xiaoping à partir de la fin des années 1970.

La nouvelle zone franche (FTZ) de Shanghai, sur un espace de près de 29 km2 à l'est du port commercial de Shanghai, a été approuvée en juillet par le gouvernement.

En l'inaugurant dimanche, le ministre du Commerce Gao Hucheng en a fait un symbole d'une nouvelle ère de réformes et d'ouverture. "Elle s'inscrit dans la tendance des grandes évolutions économiques du monde et reflète une stratégie d'ouverture plus active", a déclaré le représentant gouvernemental, cité par l'agence Chine nouvelle.

La FTZ aura un secteur des services ouvert à la concurrence étrangère et servira de test grandeur nature pour des réformes financières telles que la convertibilité du yuan et la libéralisation des taux d'intérêt - deux leviers que la Chine se doit d'actionner pour s'assurer une croissance plus soutenable, selon les économistes.

D'ores et déjà 25 entreprises chinoises et étrangères ont reçu les autorisations nécessaires pour opérer dans la zone aux côtés de 11 institutions financières, pour la plupart des banques chinoises mais aussi des filiales de Citibank et de DBS.

Certains comparent déjà la FTZ, qui intègre trois zones existantes, à la création par Deng Xiaoping de la zone franche de Shenzhen en 1978 et y voient une nouvelle étape cruciale pour l'ouverture de la Chine.

PROFIL BAS

D'autres, plus sceptiques, notent qu'une zone similaire ouverte l'an dernier à Qianhai, près de Shenzhen, et censée être un laboratoire d'expérimentation pour une réforme du système des comptes courants chinois, n'a pas à ce jour tenu ses promesses.

Le projet pour Shanghai a le mérite d'être plus précis et plus ambitieux.

Pour la première fois, les investisseurs chinois comme étrangers pourront investir directement sur place, sans passer par les programmes d'investissements officiels QFII et QDII qui comportaient des quotas.

De même, les banques étrangères établies dans la FTZ pourront émettre des obligations sur le marché chinois et, de manière générale, elles auront droit à une réglementation assouplie.

Les autorités entendent parallèlement développer une plate-forme internationale de trading de pétrole où la participation étrangère sera encouragée.

Au vu du bilan mitigé des précédentes expériences de libéralisation et de l'environnement spéculatif actuel, le gouvernement a cependant préféré garder un profil bas.

Le Premier ministre Li Keqiang, perçu comme étant l'inspirateur du programme, n'a pas assisté à l'inauguration, pas plus que les dirigeants de la banque centrale ou de l'organisme de régulation des changes.

"Toutes les réformes des taux d'intérêt et du régime des changes seront fondées sur le postulat d'un contrôle des risques", a assuré Zhang Xin, responsable de l'antenne de Shanghai de la Banque populaire de Chine, lors d'une conférence de presse.

Gabriel Wildau et David Lin, Véronique Tison pour le service français

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