SFR-Numericable: les conséquences pour le consommateur

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Dans le mobile, la guerre des prix pourrait s'intensifier, car Free va profiter du long processus d'intégration de SFR dans Numericable pour tenter de récupérer des clients.

«Il faut que tout change pour que rien ne change.» Le monde ancien des télécoms vient de s'effondrer. SFR, numéro deux historique du secteur en France, devrait passer sous la coupe de Numericable, le plus petit des acteurs du marché. C'est le plus important bouleversement depuis la fin du monopole des PTT au début des années 1990. À l'époque, l'introduction de la concurrence avait été organisée pour que de nouveaux opérateurs investissent massivement dans l'installation de réseaux fixes et mobiles concurrents de celui de France Télécom. Le but premier était donc le développement des infrastructures et la modernisation des réseaux avant la question du prix payé par le consommateur. C'était l'époque où les pouvoirs publics poussaient pour que les Français s'équipent d'accès Internet et de téléphones mobiles. À la fin des années 2000, ce but était atteint. Conséquence, la question du prix est venue au premier plan. Un mouvement qui s'est accéléré à partir du 10 janvier 2012 avec l'arrivée du quatrième opérateur mobile, Free.

Aujourd'hui, le mariage entre Numericable et SFR pourrait marquer une nouvelle ère avec le développement combiné de l'Internet très haut débit et le maintien d'une concurrence acharnée entre les opérateurs dans la téléphonie mobile.

Hausse des prix dans le fixe

Dans un premier temps, le marché le plus impacté sera celui de l'accès Internet fixe. Le très haut débit par la fibre et le câble tarde à s'imposer en France. Pour emporter SFR, Numericable a promis d'investir massivement pour accélérer le déploiement du très haut débit dans le pays. Depuis le lancement des offres de Free en 2002 à 29,99 euros, le marché de l'Internet fixe est pratiquement gelé. Il n'a pas connu de baisse des prix. Voire même, les prix ont tendance à monter. Ainsi, Free affiche toujours un prix facial de 29,99 euros, mais ses clients payent en réalité 36 euros en moyenne. De son côté, Numericable offre des accès très haut débit et la télévision à 42 euros par mois. Seul Bouygues a récemment tenté de faire bouger les lignes avec une offre en rupture à 19,99 euros. À l'avenir, les Français pourraient donc s'attendre à une hausse des prix dans l'Internet fixe en contrepartie de la promesse d'Internet beaucoup plus rapide et puissant capable de relier au Web les appareils connectés (tablettes, PC, smartphones et objets connectés) qui se multiplient au sein du même foyer.

Dans la téléphonie mobile, le rachat de SFR par Numericable ne change pas la donne. Il y aura toujours quatre opérateurs: Orange, SFR-Numericable, Bouygues Telecom et Free. Il n'y a donc pas de raison immédiate à ce que les prix remontent. Il pourrait même y avoir une intensification de la guerre des prix, car Free va profiter du long processus d'intégration de SFR dans Numericable pour tenter de récupérer des clients. De son côté, Bouygues Telecom, assez faible sur le marché du fixe, devra jouer son va-tout dans le mobile pour conserver ses positions. Or, dans la téléphonie mobile, les consommateurs se déterminent davantage par le choix du terminal (un Apple, un Samsung, un Sony...) que par celui de l'opérateur. À ce dernier, les consommateurs ne demandent que le prix le plus bas.

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