SFR et Bouygues Telecom taillent dans leurs effectifs

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SFR et Bouygues Telecom taillent dans leurs effectifs
SFR et Bouygues Telecom taillent dans leurs effectifs

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - L'opérateur SFR a dévoilé mardi un plan de réorganisation de ses activités qui prévoit des suppressions d'effectifs, des réductions de dépenses et une refonte des offres pour tenter de riposter à la guerre des prix sur le marché français du mobile.

Déstabilisée par l'arrivée en janvier du nouvel entrant Free mobile, la filiale de Vivendi ambitionne de réaliser 500 millions d'économies en 2013 en plus des 450 millions déjà prévus pour cette année, a-t-on appris de source syndicale.

Le plan a été présenté aux représentants du personnel par Stéphane Roussel, fraîchement nommé à la tête de l'opérateur après le départ brutal du président du directoire de Vivendi et PDG de SFR, Jean-Bernard Lévy, et du forfait de son successeur annoncé, Michel Combes.

Le redressement de SFR, qui représente plus de 40% du résultat opérationnel du Vivendi, est l'une des priorités du conglomérat, actuellement en pleine introspection sur sa stratégie et son périmètre d'activités et qui pourrait envisager des cessions d'actifs, voire une scission.

"Nous avons présenté aujourd'hui au comité central d'entreprise les grandes orientations stratégiques de SFR pour l'avenir", a déclaré à Reuters un porte-parole de l'opérateur.

"On a présenté une méthode et un calendrier. On va lancer un projet de réorganisation en novembre prochain", a-t-il ajouté, en précisant que l'objectif était de "restaurer la compétitivité de SFR sur le marché".

La direction a annoncé qu'un plan de départs volontaires serait engagé, plan dont les modalités seront soumises en novembre à des négociations avec les organisations syndicales, en même temps que le plan de réorganisation, a précisé le porte-parole.

Il n'a pas souhaité préciser combien de personnes seraient concernées par ce plan de départs volontaires ni l'ampleur des réductions de coûts que souhaite mettre en oeuvre l'opérateur qui emploie au total 10.000 personnes.

Face à l'offensive de Free, la filiale de Vivendi cherche à réduire ses coûts pour faire face à l'érosion attendue de son chiffre d'affaires et de sa marge.

PLUS DE 500 EMPLOIS MENACÉS À BOUYGUES TELECOM

Bouygues Telecom, filiale de Bouygues, a également annoncé ce mardi lors d'un comité d'entreprise un plan de départs volontaires portant sur 556 postes, en précisant que les centres d'appel et les boutiques ne seraient pas touchés.

Les deux opérateurs ont été éprouvés par le lancement mi-janvier de Free Mobile, dernier né des opérateurs mobiles, qui a séduit 2,6 millions de clients sur les trois premiers mois de l'année grâce à deux offres sans engagement à prix chocs.

SFR, qui a perdu 620.000 clients dans le mobile sur les trois premiers de l'année, anticipe un recul de 12 à 15% de son résultat opérationnel en 2012.

Bouygues a quant à lui perdu 379.000 clients et réaffirmé ce mardi par le biais d'un porte-parole anticiper pour 2012 un recul de 10% de son chiffre d'affaires ainsi qu'une diminution d'environ 250 millions d'euros de son résultat opérationnel.

Il a déjà dévoilé fin février un plan de 300 millions d'euros d'économies de coûts passant notamment par une revue de ses modes de distribution.

SFR a quant à lui mis en oeuvre une séries de mesures d'urgence en préalable au plan de réorganisation plus vaste de l'entreprise qui sera discuté avec les syndicats en novembre, soit après les élections professionnelles prévues fin octobre.

"Le chiffre de 950 millions d'euros d'économies est élevé (environ 10% de la base de coûts) par rapport à une base de coûts qui a déjà été gérée de manière assez rigoureuse", souligne l'analyste Patrick Kirby, de Deutsche Bank, dans une note.

"Michel Combes ne venant pas, cela signifie que la plus importante restructuration dans l'histoire de SFR sera mise en oeuvre, au moins au début, par une équipe dirigeante provisoire", ajoute-t-il.

Outre, la réduction des effectifs, le plan de réorganisation prévoit une plus grande différenciation de la gamme de SFR entre les offres "low cost" destinées aux clients à la recherche de petits prix et les offres à prix plus élevés pour les abonnés demandeurs d'une qualité élevée de services.

"Il devrait y avoir de très fortes différences en termes de relations clientèle et de service", a-t-on dit de source syndicale, en soulignant que le nombre d'offres de SFR devrait se réduire à compter de la rentrée prochaine.

A la Bourse de Paris, l'action de Vivendi a clôturé en hausse de 0,41% à 14,8650 tandis que Bouygues a cédé 0,47% à 21,34 euros.

Edité par Marc Angrand

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  • M140210 le mercredi 4 juil 2012 à 06:37

    S'ils peuvent virer autant de monde, ça veut bien dire qu'on payait pour maintenir des emplois artificiels et qu'ils s'en mettaient plein les fouilles. Merci FREE

  • tempoceg le mardi 3 juil 2012 à 16:04

    Expliquez nous !"engager un plan de départs volontaires pour dégager près d'un milliard d'euros d'économies". Même si cela se fait sur 2 ans, comment peut-on dégager 500 millions d'economies sur une masse salariale de 750 millions ? sauf a "virer" les 2/3 du personnel, mais alors qui va pédaler ?

  • tempoceg le mardi 3 juil 2012 à 16:04

    Et ces salariés qui ne coutent que 750 millions ont permis de verser 1400 millions de dividendes. Quelle entreprise a un meilleur ratio par agent ? Ne les décourageons pas en les inquiétant. Gardons les, payons les et qu'ils continuent a nous verser des dividendes même si un peu réduits.