Sexisme au travail : 47% des salariées non cadres y ont été directement confrontées

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"Elle fait sa blonde", "c'est quoi cette Barbie?, "ça piaille" ... Près d'une salariée non cadre sur deux, soit 47%, a déjà été confrontée directement au sexisme au travail, en tant que témoin ou en tant que cible, selon une enquête BVA pour le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle, le CSEP, publiée jeudi.

Cette étude a été présentée aux ministres Laurence Rossignol (Droits des femmes) et Myriam El Khomri (Travail), ainsi qu'un guide rédigé par le CSEP pour aider les entreprises à agir contre le sexisme.

(Photo d'illustration) Les trois quarts des femmes confrontées au sexisme au travail ont ressenti un sentiment d'injustice, de colère ou d'humiliation. ( AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD )
(Photo d'illustration) Les trois quarts des femmes confrontées au sexisme au travail ont ressenti un sentiment d'injustice, de colère ou d'humiliation. ( AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD )

L'étude montre aussi que près de la moitié des femmes interrogées, 42% exactement, ont eu le sentiment que, parce qu'elles sont des femmes, elles n'ont pas été augmentées ou primées. Seules 18% estiment que leur entreprise combat le sexisme, contre 33% des hommes. Les trois quarts des femmes confrontées au sexisme au travail ont ressenti un sentiment d'injustice, de colère ou d'humiliation.

Plus de la moitié, 53%, ont déjà adopté une "conduite d'évitement" pour ne pas avoir à affronter le sexisme, telle que ne pas porter certaines tenues vestimentaires, éviter de croiser certains collègues ou managers ou ne pas demander certains postes ...

ÊTRE MÈRE, UNE CAUSE DE STIGMATISATION ?

Signe d'une certaine ambiguïté, plus de 6 femmes non cadres sur 10, 62%, considèrent cependant que les interpellations familières de type "ma belle" ou "ma grande" sont bienveillantes, comparé à 58% des femmes cadres interrogées dans une précédente enquête en 2013. Deux tiers des femmes non cadres, 66%, soulignent une stigmatisation élevée des mères.

Des stéréotypes de sexe pèsent aussi sur les hommes : 4 sur dix, soit 38%, ont déjà entendu des phrases dénonçant leur non-conformité aux "codes de la virilité", parmi lesquelles "il est trop gentil : pour faire ce métier, il faut 'en avoir'", "c'est une femmelette", "il fait passer ses enfants d'abord, on ne peut pas compter sur lui".

L'étude a été réalisée à partir de deux enquêtes : un sondage national auprès d'un échantillon représentatif de 1.502 salariés non cadres, avec 52% de femmes et 48% d'hommes, interrogés par internet du 16 au 23 septembre; et une consultation auprès de 10.068 salariés non cadres de huit entreprises françaises, 59% de femmes et 41% d'hommes, interrogés par internet du 24 septembre au 5 octobre. Les entreprises participantes étaient Air France, BNP Paribas, Casino, Orange, Total, Solvay, Suez et Veolia.

En outre, une "consultation citoyenne" lancée par l'Assemblée pour évaluer la loi du 4 août 2014 sur l'égalité réelle entre les femmes et les hommes montre que ses dispositions sont assez mal connues, selon des résultats rendus publics jeudi.Première du genre pour évaluer une politique publique, cette consultation en ligne s'est déroulée du 4 au 17 octobre 2016. 967 personnes y ont participé, dont les trois quarts étaient des femmes.

Les rapporteurs de cette consultation, Sébastien Denaja (PS) et Guy Geoffroy (LR), reconnaissent que ses résultats n'ont pas "valeur scientifique" mais jugent néanmoins possible d'en tirer des enseignements "intéressants". Il en ressort notamment que, "selon les internautes ayant répondu, la loi n’est pas toujours connue, faute d'information suffisante" et que, sur l'adaptation des dispositifs à leurs objectifs, l'appréciation "peut être globalement qualifiée de mitigée".

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