Seuls et en mauvaise santé, ils touchent le minimum vieillesse

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Après une carrière marquée par le chômage et les problèmes de santé, les retraités qui touchent le minimum vieillesse disent subir des privations multiples, selon une enquête.

Leur vie professionnelle n'a pas été facile et leur retraite s'apparente souvent à un calvaire. Dans une enquête publiée ce vendredi, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dresse un portrait peu réjouissant des bénéficiaires du minimum vieillesse. Plus d'un demi-million de retraités bénéficient de ce dispositif instauré en 1956.

Le minimum vieillesse permet de compléter les très basses pensions afin de garantir un revenu de 777 euros par mois en 2012 pour une personne seule, et 1207 euros pour un couple. Pour certains, ces sommes suffisent tout juste. La moitié des bénéficiaires déclarent que leurs revenus sont trop faibles pour couvrir leurs dépenses courantes. Un quart s'est trouvé à découvert au moins une fois durant l'année écoulée.

Si ces retraités touchent le minimum vieillesse, c'est parce qu'ils n'ont pas pu cotiser correctement pour leur retraite. «Ils ont eu des carrières beaucoup plus courtes ou plus heurtées que les autres retraités», relèvent les auteurs de l'étude, menée auprès de 1400 personnes. Plus d'un sur trois a validé moins de 80 trimestres - il en faut 166 aujourd'hui pour obtenir une pension pleine, soit 41,5 ans. Chômage, mais aussi problèmes de santé et invalidité, sont à l'origine de leur inactivité passée. Ainsi, seuls 14% des allocataires avaient un emploi avant de demander le minimum vieillesse, et un sur deux recevait auparavant l'allocation adulte handicapé (AAH).

En plus de la pauvreté matérielle, ces retraités vivent plus souvent isolés que le reste de leur génération. «12% n'ont jamais vu de membres de leur famille au cours des douze derniers mois, ce qui est rare au sein des personnes de plus de 60 ans, et 29% n'ont jamais côtoyé d'amis durant cette même période, contre moins de 10% des personnes de plus de 60 ans», décrivent-ils. Par ailleurs, près d'un allocataire sur deux se dit en mauvaise santé. Et pour cause, 15% d'entre eux ont renoncé à se rendre chez le médecin pour raisons financières au cours de l'année dernière, et plus de 30% ont reculé devant les frais des soins dentaires.

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