Seule la justice est compétente dans l'affaire Merah, dit Valls

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PARIS (Reuters) - Seule la justice dispose des prérogatives pour établir l'enchaînement des faits et des responsabilités dans l'affaire Merah, a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

"La mise à jour complète de l'enchaînement des faits et de la responsabilité de leurs auteurs relève de la justice, qui bénéficie seule des pouvoirs d'investigations nécessaires, dans le respect de la rigueur et de la méthode prescrites par le code de procédure pénale", a-t-il dit dans un communiqué.

"Elle est assurée de l'entier concours du ministère de l'Intérieur", ajoute le ministre, en rappelant que ses services ont déjà publié un rapport sur cette affaire.

Manuel Valls répondait à un avocat des familles des victimes de Mohamed Merah qui a réclamé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire après de nouvelles informations faisant état de failles dans la surveillance du jeune militant islamiste par les services de la sécurité intérieure (DCRI).

Selon les quotidiens Libération et le Parisien-Aujourd'hui en France de jeudi, les agents toulousains chargés du suivi de Mohamed Merah, le patron local de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et un brigadier du nom d'Hassan, ont demandé sans succès en juin 2011 à leur supérieurs parisiens l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre.

Les deux quotidiens, qui s'appuient sur des procès-verbaux d'audition de ces agents toulousains devant le juge d'instruction antiterroriste Christophe Teissier, indiquent que ceux-ci n'ont reçu aucune réponse.

DEUX VERSIONS CONTRADICTOIRES

Selon ces procès-verbaux, Mohamed Merah, qui tué trois militaires puis trois enfants et un adulte dans une école juive, à Montauban et Toulouse en mars dernier, était surveillé depuis début 2011 après un séjour en Afghanistan.

Cité par Le Parisien, "Hassan" a déclaré au juge qu'il avait signalé "une personne paranoïaque, dangereuse en raison de ses séjours et de son engagement religieux radical" à l'appui de sa demande d'enquête.

Cinq mois plus tard, de retour d'un séjour au Pakistan, Mohamed Merah sera entendu par des policiers de la DCRI venus de Paris, qui déclarent n'avoir pu établir aucun lien avec un réseau djihadiste, avec pour conséquence un arrêt de sa surveillance.

Ces policiers vont jusqu'à demander à la DCRI de Toulouse une évaluation de Mohamed Merah en vue d'un éventuel recrutement comme indicateur.

Dernier élément du dossier, la hiérarchie de la DCRI demandera au responsable de l'antenne régionale de se concentrer sur la piste d'extrême droite après les sept meurtres de Toulouse et Montauban alors qu'il avait fait part de ses soupçons sur le profil "islamiste" du tueur recherché.

"Dans cette affaire, on a le sentiment que, plus on avance, plus on a de questions", a déclaré à Libération Patrick Klugman, un avocat des familles des victimes de l'école juive, qui réclame une commission d'enquête parlementaire pour établir les responsabilités .

"L'Inspection générale de la police nationale fait un rapport, mais sans avoir eu accès au dossier judiciaire. Les juges enquêtent, mais ils doivent fonctionner sans avoir accès à la totalité des éléments de la DCRI. La DCRI, de son côté, présente deux versions contradictoires, une toulousaine, une autre nationale (...) on ne peut plus fonctionner comme cela!"

"LOUP SOLITAIRE"

Sur France Inter, jeudi matin, Patrick Klugman s'en est pris explicitement à Bernard Squarcini, l'ancien patron de la DCRI. "Je comprends surtout qu'il y a un loup solitaire dans l'affaire Merah, qui n'est pas Mohamed Merah, qui est M. Squarcini, qui s'évertue depuis le début de cette affaire, depuis le 20 mars, à nous raconter n'importe quoi", a-t-il dit.

Interrogé sur RTL, l'ancien ministre de l'intérieur Claude Guéant est venu au secours de la DCRI.

"Il est vrai que Merah a fait l'objet de beaucoup d'observations, ça veut dire que les services étaient sur ses traces, mais que jamais son comportement n'a révélé de dangerosité", a-t-il assuré.

"Il peut y avoir des hésitations, il peut y avoir après coup une réécriture de l'histoire. C'est vrai qu'un signal qui n'a pas de signification il y a un an, il y a deux ans, peut en trouver plus tard quand un drame comme celui-là s'est passé", a ajouté Claude Guéant.

Yann Le Guernigou, édité par Jean-Stéphane Brosse

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  • chatnour le jeudi 1 nov 2012 à 15:56

    TOUS A LA MANIF LE 10 NOVEMBRE ALLAH CONCORDE A 14 HEURES ! http://www.resistancerepublicaine.eu/2012/marche-contre-le-fascisme-islamiste-le-10-novembre-a-paris/