Seule la démocratie peut décider du futur de Taïwan, selon l'opposition

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(Actualisé avec réaction de Ma Ying-jeou §12) TAIPEH/PEKIN, 8 novembre (Reuters) - Seul le peuple de Taïwan peut décider de son avenir et il le fera lors d'élections prévues en janvier, a déclaré dimanche la dirigeante de l'opposition au lendemain de la première rencontre entre présidents chinois et taïwanais depuis la fin de la guerre civile en 1949, marquée par la victoire des communistes et le repli des nationalistes dans l'ancienne Formose. ID:nL8N13203M Tsai Ing-wen, à la tête du Parti démocrate progressiste (DPP), qui penche plutôt pour une indépendance de l'île, a estimé que cette rencontre n'avait en rien permis aux Taïwanais de se sentir davantage en sécurité. "Seule une opinion publique majoritaire peut décider le 16 janvier de l'avenir de Taïwan et des relations (avec le continent", écrit-elle. Lors sa rencontre, organisée à Singapour, avec son homologue taïwanais Ma Ying-jeou, le président chinois Xi Jinping a affirmé que la Chine et Taïwan ne devaient pas se laisser diviser par les partisans de l'indépendance à Taipeh. En réponse, le président taïwanais s'est dit déterminé à promouvoir la paix et la stabilité de part et d'autre du détroit de Taïwan, ajoutant que la relation entre les deux entités devait être basée sur la sincérité, la sagesse et la patience. Le Quotidien du peuple, le journal officiel du parti communiste chinois, a estimé que la rencontre entre les deux dirigeants fut symptomatique d'une volonté de ne pas laisser se répéter la "tragédie de l'histoire". "Les compatriotes des deux côtés du détroit de Taïwan doivent joindre leurs forces et s'opposer résolument aux forces indépendantistes taïwanaises et de leurs activités séparatistes", poursuit le journal. Le DPP part favori du scrutin du 16 janvier, ce qui préoccupe Pékin. Selon Tsai Ing-wen, les propos de Ma Ying-jeou ont suscité la colère de nombre de Taïwanais, ajoutant que le président en place ne représentait par l'opinion publique. "En tant que dirigeant de la nation, le président Ma n'a pas fait en sorte que les gens se sentent fiers ou en sécurité. Au contraire, il a suscité de nouvelles anxiétés", poursuit-elle. Pékin, qui considère Taïwan comme une province lui appartenant, n'a jamais officiellement renoncé à recourir à la force pour reprendre le contrôle de l'île. A son retour samedi soir à Taïwan, Ma Ying-jeou s'est félicité d'avoir au moins entamé un dialogue avec Pékin même s'il a avoué ne pas être satisfait par les réponses de son homologue chinois sur les questions militaires et sécuritaires. (Faith Hung et Ben Blanchard, Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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