SES: encore un opérateur satellitaire à la peine.

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(CercleFinance.com) - Après le français Eutelsat, c'est au tour de l'autre grand opérateur satellitaire européen, le luxembourgeois SES, de voir son action s'effondrer ce midi : - 12,7% à 19,4 euros à la Bourse de Paris. En Bourse, 2016 s'annonce comme une “annus horribilis” pour ce secteur où la croissance semble avoir disparu. Quelles sont à ce jour les anticipations du marché ?

Pour mémoire, Eutelsat avait été vertement sanctionné par une chute qui, lors de la séance du 13 mai, avait un temps dépassé 30%. En cause : un sévère avertissement sur sa croissance, ses résultats, ainsi qu'une refonte de la stratégie qui sera présentée cet été.

Les nouvelles prévisions d'Eutelsat méritent d'être rappelées : la croissance des ventes en 2015/2016 a été ramenée de +2 à +3% à ... 0%, quand en 2016/2017, la fourchette de +4/+6% fait place à... - 1 à - 3%. Bref, la croissance semble s'être brutalement envolée et la direction doit “s'adapter au ralentissement de la croissance de l'industrie” dans son ensemble via une nouvelle stratégie qui sera vraisemblablement présentée avec les comptes semestriels, fin juillet.

Quid de SES ? Au 1er trimestre de son exercice calendaire 2016, les ventes du groupe (481,8 millions d'euros) affichaient une croissance symbolique de 0,8% qui, à hors changes, se transforme en une baisse de 1,9%. Sur l'ensemble de l'année, la direction tablait sur un CA (publié) de 2.010 à 2.050 millions d'euros, contre 1.919 en 2015. Prévision qui date du 29 avril, avant le “warning” retentissant lancé par Eutelsat.

Cependant, le décrochage que SES subit aujourd'hui n'a pas les mêmes causes que celui d'Eutelsat. En effet, le groupe luxembourgeois a augmenté son capital de plus de 900 millions d'euros au cours unitaire de 19 euros l'action pour financer le rachat des parts qu'il ne détenait pas d'un concurrent, O3b Networks, et rembourser des obligations. SES a eu du mal à convaincre les investisseurs de payer le prix fort puisque la décote atteint 14,5% par rapport au cours de la veille (22,2 euros).

Si SES n'est pas encore revenu sur ses prévisions actuelles, il n'en reste pas moins que les opérations de croissance externe ne sont pas malvenues si, comme l'indique Eutelsat, le marché des communications par satellite venait à connaître une période de stagnation. Et ce d'autant que la forte rentabilité du secteur le permet.

Car il s'agit bien d'un problème sectoriel, ce qui n'a pas échappé à la Bourse : depuis le début de l'année, l'indice d'actions généraliste européen Stoxx 600 se tasse de 4,6%. Mais Eutelsat s'est effondré de 35,5%, le britannique Inmarsat de 34,5% et SES de 24,1%.

En effet, le consensus table sur une baisse générale des bénéfices par action cette année, surtout chez Inmarsat (- 21,8%). L'année prochaine, seul Eutelsat (- 7%) verrait encore ses profits baisser, ceux de ses deux concurrents se reprenant de plus de 10%.

Gare aux valorisations : si le PER de l'action Eutelsat pour 2016 est tombé 11,7 fois, celui de SES reste proche de 15 quand chez Inmarsat, on frôle les 23. Même si ce ratio est plus raisonnable en 2017, autour de 13 pour SES et Eutelsat, quand il est perché à 16,4 fois pour Inmarsat. Reste, en attendant mieux, le rendement de l'ordre de 5% offerts par les dividendes.

EG


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