Servier aurait testé le Mediator sans avertir des risques

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SERVIER AURAIT TESTÉ LE MEDIATOR SANS AVERTIR DES RISQUES
SERVIER AURAIT TESTÉ LE MEDIATOR SANS AVERTIR DES RISQUES

PARIS (Reuters) - Les laboratoires Servier ont pratiqué à partir de 2005 un essai clinique sur le Mediator sans prévenir les 423 patients concernés des risques liés à ce médicament qui pourrait avoir fait de 500 à 2.000 morts de 1976 à 2009 en France, selon Libération.

La société Servier rejette dans un communiqué des accusations "graves et diffamatoires".

Mener des recherches médicales sans avoir recueilli le "consentement libre, éclairé et exprès" des malades est passible de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, souligne Libération, qui s'est procuré des documents confidentiels récemment transmis aux juges d'instruction chargés du dossier Mediator.

L'objectif de l'étude Regulate, dont l'existence est connue, était de comparer les effets du Mediator avec un autre antidiabétique, l'Actos, pour évaluer le risque de contracter une valvulopathie ou une hypertension artérielle pulmonaire en prenant du Mediator, communément prescrit comme "coupe-faim".

Selon le quotidien, l'essai validé en 2001 par l'Agence française du médicament a été lancé en 2005 par Servier avec un protocole différent. Les résultats de l'étude contribueront largement au retrait du Mediator en 2009.

"Si les Laboratoires Servier avaient su avant l'étude Regulate qu'il existait un risque de cardiotoxicité avec le Mediator, l'étude Regulate n'aurait pas été mise en place", soulignent-ils dans un communiqué.

"Les résultats de l'étude Regulate ont établi un sur-risque, limité aux seules valvulopathies mineures et rares, mais sur-risque suffisant pour conduire au retrait du produit", précisent-ils.

La grande majorité des demandes d'indemnisation des victimes présumées du médicament Mediator ont été rejetées par les experts désignés par le gouvernement, ont déclaré mercredi les associations de victimes, confirmant des informations du Parisien.

Selon le quotidien, 712 des 831 dossiers examinés depuis septembre ont été rejetés, soit 85% du total, et, quand un lien entre le médicament des laboratoires Servier et une maladie a été reconnu, les experts de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) ont retenu une incapacité limitée en majorité entre 5% et 10%.

Jacques Servier, ses sociétés et des dirigeants sont mis en examen depuis fin 2011 pour "tromperie et escroquerie" notamment.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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