Serie A: Antonio Conte, l'homme qui rêvait d'Europe

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ANTONIO CONTE VEUT AMENER LA JUVE SUR LE TOIT DE L'EUROPE
ANTONIO CONTE VEUT AMENER LA JUVE SUR LE TOIT DE L'EUROPE

par Terry Daley

ROME (Reuters) - Antonio Conte a réussi à remettre la Juventus Turin sur les rails de la victoire depuis son arrivée au poste d'entraîneur en 2011 mais il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Nouvel objectif: l'Europe.

En deux ans, le technicien a sorti les Bianconeri du marasme qui a suivi le déclenchement en 2006 de l'affaire de matches truqués connue sous le nom de "Calciopoli" - un scandale qui a coûté à l'époque deux titres de champion à la Juve.

Et en deux ans, il a raflé deux "scudetti" sans avoir rencontré beaucoup de résistance, pas même du Milan AC ou de Naples qui se sont contentés cette année de suivre de loin la marche en avant de la Juventus.

Antonio Conte ne le cache plus: il espère désormais faire rayonner son club en Ligue des champions comme il brille en Serie A. Et pour ce faire, il attend de ses propriétaires qu'ils consentent à des efforts financiers.

"Si vous avez de l'argent, vous achetez des joueurs et vous gagnez", avait-il dit le mois dernier après l'élimination par le Bayern Munich au stade des quarts de finale.

"Certaines super-puissances comme le Real Madrid, le Bayern Munich, Barcelone ou le Paris Saint-Germain ont un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros. Je crois que nous devons chambouler le football italien", avait-t-il ajouté.

"Et quand je dis nous, c'est le club mais aussi les autres clubs, les médias, les supporters et les institutions (...). A l'étranger, ils investissent de l'argent, ici on palabre sur l'arbitrage ou les voitures des joueurs."

Selon le quotidien la Gazzetta Dello Sport, Antonio Conte a demandé une prolongation de contrat, qui expire en 2015, assortie d'une revalorisation salariale de trois millions d'euros net estimés à cinq millions par an.

BOULIMIE DE VICTOIRES

Mais il a aussi exigé de pouvoir s'offrir quelques uns des meilleurs joueurs du monde pour avoir une chance de bien figurer sur le continent. Au point d'avoir mis son départ dans la balance.

"En tant qu'homme, Conte veut vraiment rester à la Juventus", a-t-il expliqué samedi à la troisième personne lors d'une conférence de presse.

"Mais il y a aussi Antonio Conte le professionnel, qui doit s'asseoir avec son club autour d'une table", a-t-il aussitôt ajouté pour faire planer le suspense sur son avenir.

Car l'ancien milieu de terrain devenu entraîneur espère revoir la Juve rivaliser avec les places fortes du football européen comme elle le faisait quand il portait le maillot rayé blanc et noir, dans les années 1990 et 2000.

A cette époque, il a remporté cinq titres de champion, une Coupe de l'UEFA - l'ancêtre de la Ligue Europa -, et une Ligue des champions en 1996, avec la fierté supplémentaire d'avoir porté le brassard de capitaine pendant plusieurs années.

Depuis, il a laissé auprès des foules de supporters de la "Vieille dame" l'image d'un combattant, boulimique de victoires. Un caractère qui a parfaitement collé à l'esprit de revanche qui a animé le club après le scandale du Calciopoli.

Mais ce tempérament lui a parfois coûté cher, comme lorsqu'il a écopé de deux matches de suspension en janvier pour avoir sermonné un arbitre lors d'une rencontre de championnat.

Cette sanction est tombée peu de temps après son retour de quatre mois de suspension pour ne pas avoir dénoncé des tricheries pendant un match de Serie B, la deuxième division du football italien, lors d'un autre scandale.

A chaque fois qu'il a eu des soucis avec les plus hautes instances, les dirigeants de la Juventus sont venus à son secours. L'aideront-ils cette fois-ci à réaliser son rêve européen ?

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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