Sept islamistes présumés présentés à un juge

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SEPT ISLAMISTES PRÉSUMÉS PRÉSENTÉS À UN JUGE
SEPT ISLAMISTES PRÉSUMÉS PRÉSENTÉS À UN JUGE

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Sept des douze islamistes présumés arrêtés en France ont été transférés jeudi au palais de justice de Paris en vue de leur mise en examen dans une information judiciaire ouverte notamment pour "tentative d'assassinats et association de malfaiteurs".

Ce groupe arrêté samedi et suspecté d'une attaque à la grenade contre un commerce juif commis le 19 septembre aurait préparé d'autres attaques à l'explosif contre des objectifs juifs tout en recrutant des "djihadistes" pour la Syrie.

Il est "le plus dangereux mis au jour depuis 1996 en France", a estimé lors d'une conférence de presse le procureur de Paris, François Molins.

Il faisait référence à une campagne de neuf attentats à la bombe commis entre juillet et octobre 1995, ayant fait 10 morts et plus de 200 blessés, revendiqués par le Groupe islamique armé (GIA) algérien. Un autre attentat similaire commis en 1996 au RER Port-Royal, jamais élucidé, avait fait trois morts.

Le parquet a requis le placement en détention des sept suspects, point sur lequel un juge des libertés devait se prononcer dans la soirée de jeudi.

Le leader présumé du groupe serait selon l'accusation Jérémie Bailly, jeune homme d'une vingtaine d'années, chez qui a été retrouvée une liste d'organisations et d'institutions juives "cibles" et qui détenait le box où avaient été placés des armes et des composants chimiques d'engins explosifs artisanaux.

La police a établi par ailleurs que deux suspects s'étaient rendus en Egypte en Tunisie, mais ne sait pas ce qu'ils y ont fait pour l'instant.

Les cinq autres suspects ont été remis en liberté mercredi soir sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.

Il s'agit de deux hommes contre lesquels les indices sont jugés insuffisants, de deux autres qui se trouvaient fortuitement chez certains suspects à l'arrivée de la police et de l'épouse de Jérémie Louis-Sidney, membre du groupe tué samedi par les policiers venus l'arrêter et sur lesquels il avait ouvert le feu.

LE PROBLÈME SYRIEN

L'information judiciaire a été ouverte notamment pour "tentative d'assassinats en raison de l'appartenance des victimes à une religion, en relation avec une entreprise terroriste", des faits passibles de la réclusion à perpétuité, a dit François Molins.

La procédure vise également le chef "d'association de malfaiteurs en vue d'intégrer des groupes djihadistes", certains des suspects ayant selon l'enquête oeuvré au recrutement de combattants islamistes pour la rébellion syrienne.

C'est la première fois que des poursuites sont engagées en France sur ce dossier épineux juridiquement et politiquement puisque le gouvernement français soutient officiellement la rébellion contre le régime de Bachar al Assad.

La procédure visera également une association de malfaiteurs distincte de la précédente, visant la préparation d'attentats, les chefs de détention de substances explosives et d'armes, vols et recel de vols.

Compte tenu de la méthode et de l'arme utilisée, l'accusation estime que l'attentat à la grenade commis contre une épicerie juive le 19 septembre à Sarcelles (Val-d'Oise) avait un but criminel, a dit le procureur.

"L'intention était bien de tuer et ce n'est que par chance que l'attentat n'a pas eu les conséquences voulues", a-t-il dit.

Cinq hommes auraient participé à cette action, dont deux directement, mais on ignore pour l'heure s'ils sont ou non parmi les personnes déférées, a-t-il dit.

"Les deux auteurs des faits proprement dits ne sont pas identifiés et je ne peux vous dire s'ils figurent parmi les personnes présentées au parquet", a-t-il déclaré.

La police a découvert lors d'une perquisition dans un box de Torcy (Seine-et-Marne), outre un fusil à pompe et une arme de poing, des sacs contenant du nitrate de potassium, du soufre, du salpêtre, des récipients de type Cocotte-Minute et des ampoules de phare.

Lors des premières perquisitions menées samedi, avaient été découverts plus de 27.000 euros en espèces, des munitions et cinq testaments laissant penser à un prochain passage à l'acte.

Les suspects sont des Français, tous récemment convertis à l'islam, sauf un. Deux ont connu la prison, mais l'incarcération ne semble pas à l'origine de leur radicalisation, dit le procureur, puisque les périodes d'emprisonnement n'étaient que de deux et trois mois. Tous sont connus pour des délits de vols et trafic de drogue.

Thierry Lévêque, avec Nicolas Bertin, édité par Yves Clarisse

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  • occulti1 le jeudi 11 oct 2012 à 12:33

    De la vermine