Sept gardes à vue levées après l'assaut de Saint-Denis

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SEPT DES HUIT PERSONNES PLACÉES EN GARDE À VUE À SAINT-DENIS RELÂCHÉES
SEPT DES HUIT PERSONNES PLACÉES EN GARDE À VUE À SAINT-DENIS RELÂCHÉES

PARIS (Reuters) - Sept des huit personnes placées en garde à vue après l'assaut donné mercredi à Saint-Denis dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre ont été relâchées. Seul l'homme qui a dit avoir fourni le logement est encore détenu, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Ce dernier était apparu devant des caméras de télévision avant d'être interpellé durant l'assaut qui visait une figure de l'Etat islamique, Abdelhamid Abaaoud, tué dans l'opération et sur lequel de nouveaux éléments sont apparus depuis vendredi.

L'enquête s'attache notamment à déterminer quel rôle exact a joué ce Belge d'origine marocaine, impliqué dans au moins quatre projets d'attentats depuis le printemps selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, et que le renseignement pensait encore en Syrie.

D'abord présenté comme le commanditaire à distance des attentats qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et aux abords du Stade de France à Saint-Denis, il paraît désormais être un chef opérationnel, voire un participant direct.

Une empreinte digitale d'Abdelhamid Abaaoud a en effet été identifiée sur une des trois kalachnikov retrouvées dans la Seat abandonnée à Montreuil-sous-Bois, à l'est de Paris, par les terroristes, selon deux sources, proches l'une de l'enquête, l'autre du dossier.

Ce véhicule a été utilisé par les hommes qui ont attaqué les bars et restaurants des Xe et XIe arrondissements vendredi 13 novembre, pendant qu'un autre commando attaquait le Bataclan et qu'un dernier déclenchait des explosions à Saint-Denis, au nord de Paris.

Abdelhamid Abaaoud a en outre été vu en train de pénétrer dans le métro à la station Croix-de-Chavaux, à Montreuil-sous-Bois, près du lieu où la Seat a été retrouvée, le vendredi soir, peu après les attaques.

Toutefois, les enquêteurs n'avaient aucune certitude samedi sur son rôle exact - auteurs des tirs en rafale qui ont fauché 40 personnes sur les terrasses et dans les bars, chauffeur ou organisateur. "On peut uniquement en conclure qu'il a à un moment manipulé cette arme", disait-on de source proche du dossier au sujet de l'empreinte retrouvée.

Le rôle d'Hasna Aït Boulahcen semble lui être de plus en plus circonscrit. La justice a d'abord établi qu'elle n'était pas morte en kamikaze, comme évoqué initialement, mais avait bien été tuée dans l'assaut de Saint-Denis.

Selon plusieurs médias samedi, elle n'aurait été appelée qu'en dernier ressort par Abdelhamid Abaaoud, mardi, pour lui trouver la cachette qui lui faisait défaut faute de soutien logistique.

Enfin, les enquêteurs sont toujours à la recherche de Salah Abdeslam, qui a loué deux des trois véhicules utilisés dans les attaques de vendredi, et a été ramené en Belgique par deux hommes interpellés et incarcérés depuis.

Les sept personnes qui avaient été interpellées mercredi à Saint-Denis et étaient sorties de garde à vue samedi semblent hors de cause.

Cinq d'entre elles sont soupçonnés d'être des sans-papiers qui squattaient le bâtiment, selon une source proche du dossier.

(Gregory Blachier, avec Chine Labbé et Nicolas Bertin, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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